Liberté religieuse contre droit des animaux : un tribunal italien tranche en faveur des sacrifices

Un homme pratique le sacrifice de l'Aid à Damas © Bassam Khabieh Source: Reuters
Un homme pratique le sacrifice de l'Aid à Damas

Deux hommes de confession musulmane, condamnés à 4 600 euros d’amende en première instance pour avoir égorgé une chèvre dans la rue, ont vu leur peine annulée par un tribunal italien, au nom de la liberté religieuse.

Les deux Roumains, vivant dans un camp de Val Basagnon, à Gênes, ont été dénoncés à la police après avoir égorgé en public une jeune chèvre en l’égorgeant puis en la pendant par les pieds alors qu’elle était toujours consciente.

L’animal a été tué durant les fêtes de l’Aïd, qui se déroulent une fois par an afin de célébrer le prophète Abraham, qui était prêt à sacrifier son fils Isaac sur injonction divine, avant d’être interrompu par un ange.

L’acte a été dénoncé par une association locale de défense des animaux, pour qui la scène était «à glacer le sang». Les deux hommes avaient alors été jugés coupables de cruauté envers un animal et condamnés à payer une amende de 4 600 euros.

Mais la sentence a été retoquée par la cour d’appel de Gênes la semaine dernière, au nom du fait que l’acte en question faisait partie d’une célébration religieuse. Le juge Mauro Amisano a justifié sa décision en affirmant que le chef d’accusation de cruauté «présume l’absence de motif solide qui rend la cruauté abjecte et futile». Selon lui, le sacrifice était une raison suffisante, étant donné qu’il était réalisé dans le cadre d’une fête religieuse et selon un rite ancien.

Selon le rite musulman, les animaux doivent être abattus selon la méthode halal, ce qui signifie d’égorger la bête tout en faisant une prière. L’animal est alors pendu par les pieds afin que le sang s’en extirpe. Les abattoirs halal utilisent cette méthode afin d’atténuer les souffrances animales. Mais durant les festivités religieuses, l’égorgement est souvent pratiqué à vif.

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