Au Japon, des figurines en forme de vagin, considérées comme du «Pop-Art» remportent un procès

Megumi Igarashi avec une de ses œuvres au cours d'une conférence de presse le 15 avril 2015 Source: Reuters
Megumi Igarashi avec une de ses œuvres au cours d'une conférence de presse le 15 avril 2015

Une cour japonaise refuse de condamner pour obscénité l’artiste Megumi Igarashi, poursuivie pour avoir exposé des figurines modelées d’après... son propre vagin.

Le 9 mai, l’artiste japonaise, qui travaille sous le pseudonyme de «Rokudenashiko» (fille bonne à rien) a été acquittée par la justice alors qu’elle était poursuivie pour obscénité. Selon la cour, ses figurines kawaï (mignon, en japonais), inspirées de son vagin et décorées de fausse fourrure et de paillettes, pouvaient être considérées comme des œuvres de «Pop-Art».

Certains commentateurs y ont immédiatement vu une nouvelle victoire de la liberté d’expression et de la libération de la femme dans un pays où les pénis, eux, abondent dans les temples et pendant certains festivals.

L’artiste a tout de même été condamnée à une amende de 400 000 yens (3 271 euros) pour avoir diffusé des données numériques relatives, une fois encore, à son vagin, dans le cadre d’une autre «œuvre». En 2014, elle avait été brièvement emprisonnée après avoir créé, avec un imprimante 3D, un kayak inspiré de son sexe et envoyé les données numériques aux biens généreux mécènes qui avaient rendu cette œuvre possible.

Pour autant, Takashi Yamaguchi, l’un des avocats de «Rokudenashiko» a pu déclarer que l’acquittement de sa cliente représentait un verdict d’une «grande valeur historique». Et ce même si sa cliente n’entend pas en rester là et faire appel.

Si la décision de justice a pu être saluée par certains, elle est loin de faire l’unanimité. Car au Japon, pays où l’industrie du porno a toujours été et florissante et reconnue pour ce qui peut être considéré comme d'une grande originalité, le sexe reste un sujet quelque peu tabou et des mosaïques numériques sont généralement utilisées dans les films X pour couvrir les organes des acteurs. Les réactions scandalisées d’une partie de la population ne se sont pas faites attendre, certains demandant sur Twitter si, dans ce cas, les godes et autres vagins artificiels des sex-shops devaient être aussi tolérés.

Ça n’est pas la première fois que, à l’ère numérique, les instances judiciaires ont affaire à une problématique... vaginale. En 2011, un utilisateur français de Facebook avait vu son compte bloqué après avoir publié L’origine du Monde de Gustave Courbet, célèbre tableau français du XIXe siècle représentant un sexe féminin. Facebook se pensait au-dessus des lois françaises. La justice de l’Hexagone s’est pourtant, en 2015, reconnue comme compétente pour poursuivre Facebook à la demande de l’utilisateur français. Entre la pudeur de certains utilisateurs et la soif de liberté d’expression d’autres, les réseaux sociaux ne sont pas près de voir le bout du tunnel.

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