La police religieuse saoudienne se lance sur Twitter, qu’elle avait qualifié de «source du mal»

Une femme saoudienne© Fahad Shadeed Source: Reuters
Une femme saoudienne

La police religieuse saoudienne a rejoint Twitter et a déjà 66 000 abonnés. Il y deux ans, la même police avait mis en garde contre l’utilisation du service de microblogging.

Le Comité pour le commandement de la vertu et la répression du vice a ouvert un compte sur Twitter sous le nom d’utilisateur @PvGovSa.

Son premier tweet est le suivant: «Au nom d'Allah et des bénédictions d’Allah, le compte officiel du Comité pour le commandement de la vertu et la répression du vice lance un compte Twitter et demande à Allah qu’il profite à tous».

Le second tweet a montré le président du comité,Abdul Rahman Al-Sanad, travaillant devant un ordinateur. Selon le journal Saudi Gazette, la police religieuse a décidé d’utiliser cette plateforme afin d’améliorer son image publique.

C’est un changement radical pour l’agence. En mai 2013, le chef de la police religieuse avait mis en garde contre l’utilisation de Twitter. A cette époque, le cheikh Abdul Aziz al-Sheikh avait déclaré que les réseaux sociaux, notamment Twitter, avaient «perdu ce monde et sa vie éternelle» et que «Twitter était une plateforme pour ceux qui n’avaient aucune plateforme».

En octobre dernier, le cheikh Abdul Aziz al-Sheikh avait maintenu son opposition au site et a ajouté que Twitter était «la source de tout mal et dévastation». «Des gens s’y précipitent et pensent que c’est une source d’information crédible, mais c’est une source des mensonges et de faussetés», a notamment déclaré le cheikh.

Twitter attire de plus en plus de Saoudiens. Ils sont 8 millions, soit 41% de la population à avoir un compte Twitter. Des experts estiment que les Saoudiens utilisent Twitter et Facebook afin de s’exprimer et exprimer leurs opinions radicales.

Dans le passé, la police religieuse avait adopté des lois pour s’assurer que Twitter n’était pas utilisé pour critiquer le royaume. Ainsi, le bloggeur Raif Badawi a été condamné à 10 ans de prison et 1 000 coups de fouet pour avoir «insulté l’Islam» après avoir cofondé le site «Saoudiens libéraux libres» de façon à discuter du rôle de la religion en Arabie saoudite.

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