Le premier lancement historique depuis le cosmodrome de Vostotchny a été repoussé

Source: Sputnik

Le lancement historique de la fusée Soyouz 2.1a depuis le nouveau cosmodrome de Vostotchny, dans l'extrême-orient russe, a été repoussé, en raison d'une défaillance d'un des mécanismes de la fusée, rapporte RIA Novosti.

Tout était paré pour le lancement. La fusée devait s'élancer vers l'espace le 27 avril à 5h01 (heure de Moscou) précise et mettre trois satellites en orbite. Sur son fuselage avait été apposé le portrait du premier cosmonaute de l'histoire, Youri Gagarine, ainsi que son célèbre mot au moment du décollage : «C’est parti !». Le président Vladimir Poutine avait fait le déplacement pour assister à ce moment historique.

Au dernier instant, le lancement a dû être repoussé. Une minute et 30 secondes avant le départ, le système automatique de lancement a annulé le décollage de la fusée.

Pour autant, l’agence spatiale russe Roscosmos a annoncé que l’incident était dû à une défaillance d’un des mécanismes de la fusée. Le lancement a été retardé de 24 heures, laps de temps que le directeur de Roscosmos espère suffisant pour que la commission spéciale envoyée sur place puisse régler tous les problèmes. 

«Nos collègues ont repoussé le départ de 24 heures, peut-être plus. C’est un évènement normal. Cela atteste du fait que le système automatique est réactif et qu’en fin de compte, il permet des lancements avec succès», a souligné un représentant de Roscosmos.

«Il ne s’est produite aucune catastrophe intergalactique»

Le premier chef adjoint de la Douma d’Etat, Sergueï Jigarev, qui se trouvait sur place au cosmodrome, estime que le report du lancement de la fusée Soyouz 2.1a n’aurait pas attiré autant l’attention s’il ne s’était pas agi du premier à devoir être réalisé depuis le cosmodrome Vostotchny. 

Le directeur de Roscosmos a par ailleurs souligné que l’annulation du lancement n’avait aucun lien avec les infrastructures du cosmodrome. «Il y a eu une défaillance qu’il est nécessaire de comprendre et de corriger. L’incident n’est pas lié au fonctionnement de la tour mobile ou du système de lancement», a-t-il expliqué.

Vladimir Poutine reste au cosmodrome de Vostotchny

Le président russe, qui s’est rendu spécialement au cosmodrome de Vostotchny pour assister à cette inauguration historique de la nouvelle installation, a fait savoir qu’il resterait sur place jusqu’au 28 avril, afin de rencontrer les responsables et techniciens du lancement pour discuter de l’incident.

«Nous n’excluons pas que le président reste ici, à proximité du cosmodrome, dans les heures à venir. Dans tous les cas, le chef de l’Etat considère utiliser ce temps pour discuter en détails [...] du deuxième et troisième stade de développement du cosmodrome et de la construction de la ville de Tsiolkovsky», a expliqué le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Un lancement d'importance historique

La fusée Soyouz 2.1a aurait dû quitter la plateforme du cosmodrome de Vostotchny à 5h01 heure de Moscou. Elle doit dans les jours à venir mettre en orbite trois satellites russes : Lomonossov, construit à l’Université d’Etat de Moscou pour des missions scientifiques, un satellite de cartographie AIST-2D et un nano-satellite. 

Source: Sputnik

Cette première opération du nouveau cosmodrome russe doit ouvrir une nouvelle étape de l’histoire du programme spatial de la Russie. Car le cosmodrome de Vostotchny représente un événement historique, que la Russie attendait depuis la dissolution de l’URSS. 

Le pays, qui loue depuis un quart de siècle le cosmodrome de Baïkonour, construit au temps de l’Union soviétique mais se trouvant aujourd’hui sur le territoire du Kazakhstan, ancienne république soviétique, n'a jamais caché ses ambitions de construire un cosmodrome moderne sur son propre territoire.

En 2007, Vladimir Poutine, à l’époque Premier ministre, avait signé le décret lançant la construction d’un nouveau cosmodrome russe près d'un ancien cosmodrome militaire de Svobodny, dans l’Extrême-Orient du pays. La construction du cosmodrome de Vostotchny a nécessité un investissement d'environ 6 milliards d'euros et a duré près de cinq ans.

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