Le leader du Parti Pirate arrêté en Allemagne pour avoir récité un poème sur Erdogan

© Keine Macht dem Erdowahn / Facebook

Bruno Kramm, le chef de la branche berlinoise du Parti Pirate allemand, a été arrêté pour «insulte à un représentant d'un Etat étranger», après avoir récité quelques vers d'un poème satirique se moquant du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Lors d'un rassemblement de soutien à l'humoriste allemand Jan Böhmermann le 22 avril, Bruno Kramm a été arrêté par la police alors qu'il effectuait une «analyse littéraire» du poème satirique de l'humoriste en face de l'ambassade de Turquie à Berlin, lors d'une manifestation organisée sous le slogan «Pas de pouvoir pour Erdogan le fou, la liberté, plutôt qu'Erdogan» [Keine Macht dem Erdowahn, Freiheit statt Erdogan], a rapporté le Morgenpost

Le chef de la branche berlinoise du Parti Pirate allemand lisait un poème intitulé Tabasser du kurde, frapper du chrétien qui évoque le sort des minorités religieuses en Turquie. Au bout de quelques vers, Bruno Kramm a été entouré par plusieurs agents de police et immédiatement placé en garde à vue. La police a dispersé le rassemblement peu après.

Dans un communiqué publié sur le site officiel du Parti Pirate allemand, Bruno Kramm avait écrit : «Lorsque des gens critiquent ne serait-ce qu'un peu le gouvernement turc, ils sont persécutés, passés à tabac, jetés en prison ou disparaissent. Pendant ce temps, le dictateur Erdogan peut restreindre considérablement le droit de réunion et la liberté d'expression en Allemagne parce qu'un citoyen allemand parle du sort des Kurdes et des chrétiens».

L'un des manifestants, Franz-Josef Schmitt, a publié la photo d'un fourgon de police, précisant que Bruno Kramm n'avait pas le droit de recevoir de visites. Selon le Morgenpost, Bruno Kramm est accusé d'avoir violé l'article 103 du code pénal allemand, rarement utilisé, et qui interdit «l'offense envers les organes officiels et les représentants d'Etats étrangers».

Le rassemblement anti-Erdogan avait été autorisé à condition que les militants ne citent pas l'intégralité du poème de Jan Böhmermann, car ce dernier constitue un délit de diffamation, a déclaré le porte-parole de la police, Stefan Redlich, dans les colonnes du Morgenpost.

Avant le rassemblement, Franz-Josef Schmitt avait écrit que : «La police nous a explicitement interdit d'effectuer l'analyse dialectique critique du poème de Jan Böhmermann, sous peine d'interdire le rassemblement.» 

Le parti a fait savoir par communiqué qu'il compte appeler à des manifestations hebdomadaires devant l'ambassade de Turquie pour protester contre la «terreur systémique de la censure, l'oppression, le despotisme et les meurtres du dictateur Erdogan».

Le 22 avril, Angela Merkel en personne avait admis que Bruno Kramm avait eu tort d'exprimer son opinion personnelle sur le poème de l'humoriste allemand, qu'elle avait déjà condamné pour être «délibérément insultant».

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