Les centres d'accueil pour réfugiés des pays nordiques face au problème des épouses-enfants

© Scanpix Denmark Source: Reuters

Dans les pays scandinaves, certains centres d'accueil pour demandeurs d'asile sont confrontés au problème des épouses vivant avec un mari beaucoup plus âgé qu'elles, alors qu'elles ne sont encore que des enfants malgré l'interdiction de la loi.

Sur 31 000 demandeurs d'asile arrivés en Norvège en 2015, 10 étaient des mineures de moins de 16 ans déjà mariées et 4 avaient des enfants, selon les chiffres avancés par la Direction norvégienne de l'immigration (UDI). Sur ces 10 mineures, «certaines vivent dans des centres d'asile avec les adultes, parfois dans leur propre chambre, parfois avec leur partenaire», selon les indications de l'UDI. 

Le problème, c'est qu'en Norvège, l'âge minimum légal pour pouvoir se marier et avoir des enfants est de 16 ans et que par conséquent, ces migrants violent le droit norvégien.

Pendant un certain temps, les autorités des pays du nord de l'Europe étaient d'avis qu'une séparation forcée des jeunes épouses de leur mari serait un traumatisme supplémentaire causé à des gens qui ont déjà surmonté bien des périls.

«Ces jeunes filles sont dans une situation difficile. Elles ont dû quitter leur pays d'origine, leur famille, leurs amis et leur mari et partenaire sont très souvent la seule personne qu'elles connaissent et en qui elles ont confiance», a déclaré Heidi Vibeke Pedersen, fonctionnaire à la Direction norvégienne de l'immigration (UDI).

Certaines jeunes filles mineures se font également souvent passer pour des adultes. 

Mais ces problèmes ont provoqué un véritable malaise en Scandinavie, où les critiques assurent que les autorités courent le risque de devenir complices de maltraitance faite aux enfants.

Aussi, à partir de 2015, ces dernières ont decidé de durcir les règles. Désormais, les couples dont l'épouse est encore une enfant sont séparés à leur arrivée et les jeunes filles sont prises en charge par les services de protection de l'enfance.

Camilla Kayed, fonctionnaire à l'organisme de surveillance officiel pour les droits des enfants en Norvège explique qu'il n'existe aucune règle européenne claire permettant de déterminer une limite entre une enfant et une épouse en rappeleant qu'Oslo n'avait «malheureusement pas ratifié» la convention du Conseil de l'Europe sur la prévention de l'exploitation et des abus sexuels.

En février, le ministre danois de l'Intégration, Inger Stojberg, avait annoncé que les épouses-enfant ne seraient plus admises dans les centres de réfugiés et que les couples de moins de 18 ans ne seraient pas autorisés à vivre ensemble sauf raisons exceptionelles». Dans les cas où les personnes seront âgées de moins de 15 ans, aucune exception ne sera tolérée, a-t-elle ajouté. 

Au Danemark, l'âge minimum pour le mariage et les relations sexuelles est de 15 ans. En 2015, le pays a accueilli 20 000 demandeurs d'asile. 

En Suède, d'après un rapport de la Radio suédoise, au moins 70 jeunes filles de moins de 18 ans ont été mariées au sein même de centres d'accueil pour réfugiés, notamment dans les villes de Stockholm et de Malmö. 

Fredrik Malmberg, membre du bureau de la protection de l'enfance suédois, a évoqué une situation très préoccupante, ajoutant que les enfants étaient les plus vulnérables au trafic d'êtres humains et au mariage forcé. 

Selon PLAN, une organisation non gouvernementale qui aide les enfants dans les pays en développement, il y aurait chaque année 15 millions de mariages que les pays développés ne devraient absolument pas approuver.  

«Si la jeune fille est âgée de moins de 16 ans, l'âge minimum pour avoir des rapports sexuels en Norvège, elle doit être systématiquement séparée de son mari, même si elle n'est pas d'accord», a déclaré Kjell Erik Oie, directeur de l'organisation en Norvège.

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