Syrie : les Kurdes s’emparent d’une prison, 50 soldats pro-gouvernementaux se rendent

Source: Reuters

Après de violents combats, les tensions entre l’armée syrienne et les Kurdes se sont intensifiées dans le nord-est de la Syrie. L’Asayish, la police kurde, a déclaré avoir saisi la prison d’Allya où les forces pro-gouvernementales se trouvaient.

Pendant deux jours, les forces progouvernementales syriennes et les Kurdes ont mené des batailles acharnées dans la ville de Qamishli, dans la province de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, contrôlée majoritairement par les Kurdes mais dont le statut est toujours sujet à controverse, car ni les Kurdes ni le gouvernement syrien ne veulent la céder.

Les quartiers résidentiels, le siège du Conseil démocratique syrien (organe politique regroupant les Kurdes et des Arabes) et la prison d’Asayish où les soldats pro-gouvernementaux se cachaient avaient été pilonnés. Au bout de deux jours, l’armée kurde a annoncé la prise de cette prison où au moins 50 soldats s’étaient rendus. Les combattants kurdes ont même publié une vidéo sur Facebook montrant les dégâts infligés à la prison.

D’après les estimations provisoires, au moins 24 personnes, dont dix membres des Forces de défense nationale, quatre combattants kurdes et dix civils sont morts dans ces combats. Des médecins disent que le nombre de blessés n’a pas encore été estimé.

«Nous savons qu’au moins dix  civils ont été tués par des obus de mortier, plusieurs ont été blessés. Nous avons parlé aux docteurs des hôpitaux locaux, ils disent aussi qu’il y a eu beaucoup de blessés mais  ne peuvent pas préciser leur nombre exact car les tirs continuent», a déploré le journaliste kurde Barzan Iso, qui se trouve actuellement sur place, dans une interview accordée à RT. Reuters, de son côté, avance le chiffre de 20 civils tués.

Les combats ont commencé au matin du 20 avril, à la suite d'une dispute entre des combattants pro-gouvernementaux et des Kurdes près du poste de contrôle tenu par les Kurdes où une moto piégée avait explosé.

Les territoires du nord de la Syrie sont une pomme de discorde depuis longtemps. En mars, les partis kurdes et leurs alliés ont créé une région fédérale qui a englouti presque tout le nord du pays. Les représentants des communautés kurde, arabe, assyrienne, ainsi que d’autres groupes ethniques se sont réunis dans la ville de Rmeilan pour discuter de la création d'une nouvelle zone. Les membres de la réunion ont conclu que la région devrait être «une partie entière de la Syrie et développerait des relations avec des pays voisins sur les principes de paix et de fraternité car «les Kurdes n’avaient pas été invités aux négociations à Genève» et devaient faire en sorte que la communauté internationale les entende.

Néanmoins, ni Damas ni Ankara n’ont accepté l’initiative kurde. Le ministère des Affaires étrangères syrien a dénoncé une telle initiative, la qualifiant d’«attaque illégale contre l’unité territoriale et nationale de la Syrie».

La ville de Qamishli se trouve à cinq kilomètres de la frontière turque. L’administration autoproclamée kurde y réside et ses combattants contrôlent la majorité de la ville mais les forces pro-gouvernementales occupent toujours l’aéroport et plusieurs bâtiments gouvernementaux. 

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