Jeune, célibataire et occupant un emploi peu qualifié, le profil type du jihadiste ?

Le profil type du candidat au jihad a été publié par des chercheurs américains. Source: Reuters
Le profil type du candidat au jihad a été publié par des chercheurs américains.

Le Combating terrorism center (CTC), centre de recherche militaire basé aux Etats-Unis, a rendu public le portrait-robot du candidat moyen au jihad.

Il pourrait concerner beaucoup de monde, sans doute dans votre entourage même. Connaissez-vous un jeune homme, âgé de 26-27 ans, célibataire et occupant un emploi peu qualifié ? Non ? Ce profil est celui du candidat moyen au jihad. En tout cas à en croire les chercheurs du Combating terrorism center (CTC). L’institut, basé au sein de la célèbre école militaire américaine de West Point, s’est basé sur les fameux «Daeshleaks». Ces documents présentés comme provenant du groupe Etat islamique sont de véritables fiches d’embauche. Partant du postulat qu’ils sont authentiques, les chercheurs ont analysé 4600 documents. Le résultat est censé donner une idée du parfait candidat au jihad.

Des apprentis jihadistes recrutés entre 2013 et 2014

Les fiches de recrutement de Daesh comportaient 23 questions. Les aspirants jihadistes devaient livrer des informations personnelles. Identité, profession, statut marital et niveau d’étude faisaient partie du lot. Que disent les 4600 documents analysés ? Tout d’abord, le jihadiste type est âgé de 26-27 ans. Jusqu’ici rien de surprenant. Le spectre est tout de même assez large. On trouve pêle-mêle un papy de 70 ans et un enfant de 12 ans. En tout, ce ne sont pas moins de 400 mineurs qui ont été répertoriés.

Question vie maritale, la plupart sont célibataires (61%) contre 30% d’individus mariés. 9% des interrogés n’avaient pas souhaité répondre à la question. Lorsque l’on en vient au parcours scolaire, les informations sont plus surprenantes. Beaucoup s’imaginent que la majorité des candidats au jihad sont des marginaux n’ayant pas trouvé leur place dans la société. Or 30% ont déclaré avoir suivi des études secondaires et 22% des études supérieures.

Une donnée vient nuancer ce constat. La majorité occupaient des emplois peu qualifiés voir précaires avant leur «changement de voie». Les deux-tiers étaient artisans, autoentrepreneurs, ouvriers, sans activité ou encore étudiants. Ils étaient tout de même 5% à être très qualifiés et exerçaient en tant qu’ingénieurs, communicants ou enseignants.

La charia ? Connais pas… vraiment

On savait déjà que le groupe Etat islamique recrutait à l’international. Ses soldats sont originaires de plus de 70 pays dans le monde. Arrivés principalement d’Arabie saoudite (579), de Tunisie (559) et du Maroc (240), les jihadistes viennent aussi de France (49), d’Allemagne (38) et même d’Australie (11).

Ce qui est plus étonnant, c’est le manque de connaissance de la charia (la loi islamique) qu’a confessé une grande partie des aspirants terroristes. Seuls 5% ont assuré en avoir un niveau de connaissance «avancé». Autre enseignement d’importance, les candidats au martyr ne courent pas les rues. Ils n’ont été que 12% à se dire prêt à mourir pour le jihad. Preuve que la plupart des recrues potentielles «rejoignent Daesh pour vivre et non pour mourir» comme l’explique les auteurs de l’étude. Le but principal des volontaires serait de vivre dans une société islamique pure.

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