Ukraine : échec de la rencontre de Minsk, les bombardements se poursuivent

(REUTERS/Alexander Ermochenko) Source: Reuters
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Le bombardement de Donetsk continue presque sans interruption, touchant des zones civiles après l’échec des pourparlers du 31 janvier. Les rebelles et les troupes ukrainiennes se disputent région stratégique clé de Debaltsevo.

Les leaders de la République populaire autoproclamée de Donetsk (RPD) ont déclaré qu’au moins trois civils avaient été tués par l’artillerie ukrainienne qui visait les régions d’habitation.

« Dans la nuit, les troupes gouvernementales ont tiré environ 30 coups d’artillerie sur des villes de la RPD. Les bombardements nocturnes ont fait 14 blessés parmi les civils » dans deux faubourgs de la ville, a annoncé Edouard Bassourine, le vice-ministre de la défense de la RPD.

Quatre autres personnes ont été tuées le 1er février, a annoncé la milice, alors que le nombre total de blessés durant ces dernières 24 heures est estimé à plus de 20 personnes.

Les rebelles ont accusé les troupes ukrainiennes et plusieurs groupes d’infiltration d’être à l’origine de ces violences. « Ils arrivent dans des mini-vans ordinaires ou dans des camions poubelles et tirent au mortier sur des cibles militaires et civiles, juste pour semer la panique la plupart du temps », a confié à RIA Novosti un responsable des forces de l’opposition.


Les obus ukrainiens ont atteint deux maisons d’habitation, les environs d’une école, le toit d’une morgue près d’un hôpital et les garages, annoncent les rapports. Cette escalade de la violence a contraint les autorités locales à fermer toutes les écoles jusqu’à mercredi.

Entretemps, les accrochages entre les forces de Kiev et celles des républiques autoproclamées continuent le long de la ligne de front. Kiev a dénombré 13 victimes et 20 blessés parmi ses soldats ces dernières 24 heures, selon un porte-parole de l’armée. Leurs opposants n’ont pas fourni d’informations sur leurs pertes.


Le bataillon de volontaires d’Azov n’est pas parvenu à concrétiser sa tentative de reprise de la ville d’Ouglegorsk, théâtre de combats acharnés depuis quelques jours. Les opposants ont annoncé l’avoir envahie vendredi, une information démentie par les soldats ukrainiens.

« Des unités de l’armée ukrainienne et de la Garde nationale ont été repoussées d’Ouglegorsk. La ville est de facto sous le contrôle de l’ennemi », a annoncé le bataillon sur sa page web. Ouglegorsk est l’un des sites clé de la région de Debaltsevo contrôlée par Kiev et qui s’imbrique profondément dans le territoire contrôlé par les opposants. Quelques 8 000 soldats ukrainiens gardent la région et risquent d’être coupés de leurs lignes d’approvisionnement.

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L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a appelé dimanche à poursuivre les efforts destinés à engager des pourparlers sur un nouveau cessez-le-feu après l’échec des négociations du 31 janvier à Minsk. Kiev et les rebelles s’accusent mutuellement d’être la cause du blocage des pourparlers.


Le gouvernement ukrainien a annoncé que la RPD et la république autoproclamée de Lougansk n’avaient pas envoyé leurs représentants élus mais des émissaires pour siéger à la table des négociations qui auraient pu déboucher sur la signature d’un nouvel accord.


Un accord précédent signé à Minsk en septembre 2014 n'a jamais été intégralement mis en œuvre et il a volé en éclats début janvier lorsque le cessez-le-feu s’est effondré pour laisser les armes s’exprimer. Les insurgés disent être prêts à négocier à condition d’abord que Kiev ordonne à ses troupes de cessez-le-feu. « Nous sommes prêts au dialogue et nous voudrions agir dans le cadre de l'accord de Minsk mais cela doit être un dialogue et pas un monologue de Kiev », a déclaré aux médias Denis Pouchiline, le représentant de la République populaire de Donetsk.


Ils veulent aussi renégocier la ligne de désengagement qui doit séparer les territoires contrôlés par Kiev et ceux des républiques autoproclamées pour la faire correspondre à leur dernière avancée militaire. L’Ukraine insiste pour que les territoires qu’elle a perdus en janvier lui reviennent, y compris les ruines de l'aéroport international de Donetsk.


Selon une estimation de l'ONU, la guerre civile à l'Est de l'Ukraine a fait au moins 5 000 morts depuis avril 2014 quand les résidents des régions de Donetsk et de Lougansk ont pris les armes pour se rebeller contre un gouvernement arrivé au pouvoir à l’aide d’un putsch et qui a décidé d’entamer une répression militaire dans la région.

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