Le pape ramène au Vatican 12 réfugiés de Lesbos

- Avec AFP

Le Pape François a été accueilli, à son arrivée à Athènes, par le Premier ministre Alexis Tsipras, l'archevêque d'Athènes et chef de l'Eglise de Grèce Mgr Iéronimos, à droite de la photo, et l'archevêque de Constantinople et patriarche œcuménique Bartholomew, à gauche. Source: Reuters
Le Pape François a été accueilli, à son arrivée à Athènes, par le Premier ministre Alexis Tsipras, l'archevêque d'Athènes et chef de l'Eglise de Grèce Mgr Iéronimos, à droite de la photo, et l'archevêque de Constantinople et patriarche œcuménique Bartholomew, à gauche.

Trois familles de réfugiés syriens ont embarqué dans l’avion du pape François à destination du Vatican au terme de la visite de solidarité du souverain pontife sur l’île grecque de Lesbos.

«Le pape a souhaité faire un geste de bienvenue envers les réfugiés en ramenant à Rome dans son avion trois familles de réfugiés syriens, soit 12 personnes au total, dont six enfants», indique un communiqué de presse du Saint-Siège.

Selon la télévision publique ERT, les personnes qui sont ramenées au Vatican par le souverain pontife appartiennent à trois familles hébergées dans le camp ouvert de Kara Tepe et qui ont été tirées au sort.

Visite du camp de Moria

Le pape François a appelé le monde, et notamment l'Europe, à répondre à la crise des migrants d'une manière «digne de notre humanité commune», lors d'une visite dans le camp de Moria, sur l'île de Lesbos, symbole même du durcissement de la position européenne.

Le pape est arrivé en fin de matinée dans ce camp qui abrite 3 000 personnes, y compris de nombreuses femmes et enfants, vouées au renvoi en Turquie et dans leurs pays d'origine car elles sont arrivées après le 20 mars, date d'entrée en vigueur de l'accord UE-Turquie.

«Chers amis, je veux vous dire que vous n'êtes pas seuls [...]. Ne perdez pas espoir !», a lancé le pape en s'adressant aux internés de Moria, dont il a souligné les souffrances et l'incertitude, face à «ce que leur réserve l'avenir». «Puissent tous nos frères et sœurs de ce continent, comme le Bon samaritain, vous venir en aide dans cet esprit de fraternité, de solidarité et de respect pour la dignité humaine qui a marqué sa longue histoire», a-t-il ajouté, dans un reproche implicite à la volonté des autorités européennes de renvoyer ces migrants en Turquie.

Le pape François effectue ce samedi 16 avril une visite de quelques heures sur l'île grecque de Lesbos, porte d'entrée des migrants en Europe, pour délivrer un message d'accueil et de solidarité qui peine toujours à passer, même auprès des catholiques.

Un voyage «marqué par la tristesse»

Dans l'avion qui l'amenait à Lesbos, le pape avait souligné auprès des médias que son voyage était «marqué par la tristesse». «Nous allons voir tant de gens qui souffrent, qui fuient et qui ne savent pas où aller. Et nous allons aussi à un cimetière, la mer. Tant de gens ne sont jamais arrivés», a déclaré le pape aux médias en vol.

En compagnie de l'archevêque d'Athènes et chef de l'Eglise de Grèce, Mgr Iéronimos, et de l'archevêque de Constantinople et patriarche œcuménique Bartholomew, le pape François doit rendre hommage à ces morts sur le port de l'île, en jetant des couronnes à la mer.

Depuis le début de l'année, 375 migrants, en majorité des enfants, se sont noyés en tentant de traverser la mer Egée, et sont venus s'ajouter aux centaines de victimes qui les ont précédées.

Ces tragédies sont toutefois moins fréquentes, car depuis l'entrée en vigueur de l'accord UE-Turquie, les arrivées sur les îles grecques ont été réduites à quelques dizaines par jour, alors qu'ils arrivaient par milliers l'été dernier. Le pape doit repartir pour Rome à 15h15 (12h15 GMT)

La «mondialisation de l'indifférence»

Petit-fils d'immigrés italiens, le pape a multiplié les prises de position fortes en faveur de l'accueil des réfugiés et migrants. Quelques mois après son élection, Jorge Bergoglio s'était rendu sur l'île italienne de Lampedusa, alors principale porte d'entrée des migrants, pour fustiger la «mondialisation de l'indifférence» devant les drames migratoires.

Cet automne, il a aussi appelé chaque paroisse du continent à accueillir une famille de migrants, le Vatican avait donné l'exemple, et refuse de faire la différence établie par le droit international entre ceux qui fuient la violence et la misère.

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