Jean-Marc Ayrault en Algérie : Libye et Sahara occidental au menu

Source: AFP

Le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, effectue à partir du 29 mars une visite de deux jours à Alger. La Libye et le Sahara occidental occuperont une place centrale lors de ses entretiens avec les autorités algériennes.

Jean-Marc Ayrault effectue sa première visite en Algérie en qualité de ministre des Affaires étrangères. Elle précède de quelques jours, la venue du Premier ministre Manuel Valls, qui se rendra dans la capitale algérienne le 9 et le 10 avril prochain. Ce dernier sera accompagné d'une dizaine de ministres en raison de la tenue du «comité interministériel de haut niveau» entre l'Algérie et la France, qu'il présidera aux côtés de son homologue algérien Abdelmalek Sellal.

En participant à cette rencontre de haut niveau, le locataire du Quai d'Orsay s'entretiendra avec le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra. «Monsieur Ayrault, qui s’était entretenu dès sa prise de fonction avec son homologue Monsieur Lamamra, a tenu à se rendre dès que possible en Algérie afin de poursuivre et d’approfondir encore la concertation exemplaire entre la France et l’Algérie, dans le cadre du partenariat d’exception voulu par les chefs d’Etat français et algérien», indique un communiqué du ministère français des Affaires étrangères. Si les relations entre l'Algérie et la France semblent au beau fixe depuis l'arrivée au pouvoir de François Hollande, les approches entre Alger et Paris diffèrent sur des dossiers importants.

L'alignement de la France sur les positions marocaines au sujet du Sahara occidental agace Alger

Dossier qui empoisonne les relations entre Alger et Rabat, le Sahara occidental ne pourra être un sujet laissé de côté. Car Jean-Marc Ayrault a pu adresser un courrier officiel sans ambiguïté à l’association des amis du Sahara Occidental lorsqu'il était président du groupe socialiste à l’Assemblée national. Dans ce courrier allant dans le sens de la position défendue par Alger depuis la proclamation en 1975 de la république arabe sahraouie par le Polisario, il assurait que «les socialistes, dans leurs déclarations publiques, s’en tiennent depuis l’occupation du territoire par le Maroc à une position privilégiant le respect du droit international et du droit à l’autodétermination des peuples colonisés». Ajoutant que tout devait être fait pour «permettre aux Sahraouis d’exprimer librement leur volonté sous le contrôle des organisations internationales», Jean-Marc Ayrault adoptait une position tranchée qui n'est pour autant pas celle de la France. Car la France soutient toujours officiellement le projet d'autonomie proposé par le Maroc.

La récente visite du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon dans ce territoire, réaffirmant notamment la nécessité de mettre en place un référendum d'autodétermination, a provoqué la colère du Maroc. En représailles, Rabat a décidé de retirer ses contingents engagés dans les opérations de maintien de la paix sous l’égide de l'ONU. C'est donc dans ce contexte particulier que Jean-Marc Ayrault tentera de jouer un difficile rôle d'équilibriste afin de ne pas raviver les tensions autour de ce dossier. 

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Le chaos libyen, Alger à la rescousse de Paris ?

Autre point de désaccord, la résolution de la crise libyenne. Si la France promeut, comme le souhaite l'Algérie de longue date, une issue politique au chaos libyen, la présence de militaires français dans ce pays n'est pas du goût d'Alger. En effet, l'Algérie qui possède une frontière de près de 1000 km avec la Libye redoute une nouvelle intervention militaire dont les conséquences pourraient être désastreuses.

Pour éviter l'effet de contagion, les autorités algériennes n'ont d'autres choix que de renforcer le déploiement de leur armée, expérimentée dans la lutte contre le terrorisme. La France sait pertinemment que l'Algérie est l'un de ses seuls alliés de poids pour éviter que l'ensemble de l'Afrique du nord ne sombre dans le chaos. Une réalité qui fait d'Alger un partenaire incontournable et écouté pour éviter d'autres convulsions sécuritaires dans la région.

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