Après la mort d'un palestinien, Benjamin Netanyahou défend les «hautes valeurs morales» Tsahal

Benjamin Netanyhou Source: Reuters
Benjamin Netanyhou

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a défendu le 27 mars la «moralité» de l'armée israélienne après l'arrestation d'un soldat soupçonné d'avoir achevé au sol, d'une balle dans la tête, un Palestinien blessé.

Une vidéo des faits survenus le 24 mars à Hébron, en Cisjordanie occupée, a alimenté une vive polémique en Israël. Elle montre deux Palestiniens à terre blessés par balles après qu'ils ont agressé au couteau un soldat israélien. L'un d'eux bouge encore faiblement la tête. Un soldat le met alors en joue, même si apparement il ne constitue plus un danger, et lui tire une balle dans la tête.

«Des assassins assoiffés de sang»

Les défenseurs des droits de l'Homme ont dénoncé une «exécution» et les Palestiniens un «crime de guerre». «Toute mise en cause de la moralité de l'armée est révoltante et inacceptable», a déclaré Benjamin Netanyahou lors du conseil des ministres hebdomadaire, rapporte un communiqué.

«Les soldats israéliens, nos enfants, respectent de hautes valeurs morales alors qu'ils combattent contre des assassins assoiffés de sang dans des conditions opérationnelles difficiles», a-t-il ajouté. «Je suis certain que l'enquête tiendra compte de toutes les circonstances» de l'incident, a encore précisé le Premier ministre.

«Avons-nous perdu l'esprit ?»

Dans un premier temps, Benjamin Netanyahou avait semblé condamner clairement cet acte, après avoir affirmé le 24 mars que l'armée attendait de ses soldats «qu'ils agissent calmement et respectent les règles d'engagement». Les consignes précisent qu'un soldat ne doit pas tirer sur un agresseur s'il ne représente pas une menace directe et immédiate.

Mais des responsables politiques dont certains ministres ont dénoncé le «lynchage médiatique» du soldat incriminé. «Avons-nous perdu l'esprit ? Nous sommes en guerre contre un terrorisme vicieux. Il se peut que le soldat ait pensé que le terroriste cachait une bombe sur lui», a affirmé le ministre de l'Education Naftali Bennett, chef du parti nationaliste religieux Foyer Juif.

Le volontaire palestinien de B'Tselem a affirmé avoir reçu des menaces de l'armée

Avigdor Lieberman, l'un des leaders de l'opposition positionné encore plus à droite que la majorité, a demandé à rendre visite au soldat détenu afin de lui exprimer sa solidarité. Requête que l'armée lui a refusée. Des centaines d'affiches de l'extrême droite ont fait leur apparition, notamment à Tel-Aviv. Elles réclament la démission du chef d'état-major, Gadi Eisenkot, de Benjamin Netanyahou et de son ministre de la Défense, Moshé Yaalon, avec comme slogan : «Lorsque quelqu'un vient te tuer, tue-le avant»

La radio militaire a révélé que 11 minutes s'étaient écoulées entre le moment où les Palestiniens avaient été blessés après avoir agressé le soldat et le moment où le tireur a abbattu l'un d'eux. Selon un soldat présent sur place cité par la radio, le tireur lui a dit qu'un «terroriste qui poignarde un soldat mérite de mourir».

Le volontaire palestinien de B'Tselem, une ONG de défense des droits de l'Homme qui a filmé la scène, Imad Abou Chamsiyyeh, a affirmé avoir reçu des menaces de l'armée et deux appels téléphoniques anonymes en Hébreu. «Je me sens en danger et mes enfants ont peur», a-t-il déclaré à Human Rights Watch, une ONG basée à New York.

Ces évènements sont survenus dans un contexte de violences dont Hébron est l'un des centres de gravité et qui ont coûté la vie à 200 Palestiniens, 28 Israéliens, deux Américains, un Erythréen et un Soudanais depuis le 1er octobre. La plupart des Palestiniens morts sont des auteurs ou auteurs présumés d'attaques.

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