Charles Blé Goudé à la CPI : «Je suis un acteur de la paix en Côte d'Ivoire»

Charles Blé Goudé surnommé le "général de la rue" Source: Reuters
Charles Blé Goudé surnommé le "général de la rue"

L'ancien chef des Jeunes Patriotes, Charles Blé Goudé, s'est présenté comme un militant de la paix en Côte d'Ivoire n'ayant «versé aucune goutte de sang», le 2 février, lors de son intervention au cinquième jour de son procès à la CPI.

Après la défense de Laurent Gbagbo le 1er février, Charles Blé Goudé et ses avocats se sont exprimés au cinquième jour de son procès commun avec l'ancien président ivoirien, au siège de la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye. Alors qu'il est accusé d'avoir persécuté des Ivoiriens jugés favorables à l'actuel président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, en raison de leurs origines ethniques ou religieuses, il a tenu à se présenter en acteur de la paix.

«Dans mes relations avec mes concitoyens, aucune goutte de sang ne crie contre moi», a-t-il affirmé, ajoutant être heureux que son procès pour crimes contre l’humanité débute, afin de «faire connaître la vérité sur la crise qui endeuille mon pays». Diffusant à nouveau des vidéos de sa «Caravane pour la paix», qu'il avait lancée à travers le pays au cours de la crise post électorale de 2007, il a critiqué l'accusation qui «transporte au sein de la cour les thèses et propagandes des médias proches de nos adversaires politiques». «Ils nous avaient déjà jugés et condamnés avant même de voir les faits», a-t-il poursuivi.

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«Beaucoup de personnes accusent la CPI d'être une cour politique»

«Beaucoup de personnes accusent la CPI d'être une cour politique», a-t-il ajouté. Il a qualifié les témoins qui vont être entendus contre lui de «militants politiques», motivés par la seule volonté d'écarter des adversaires politiques de Côte d'Ivoire.

Il est accusé d'avoir constitué des milices populaires armées pour défendre Laurent Gbagbo contre l'avancée des rebelles des Forces Nouvelles dirigées qui ont pris le contrôle de la moitié nord du pays dès 2002. En 2011, ils ont porté Alassane Ouattara au pouvoir. «Le mal qui ronge la CPI va bien au-delà de la crise électorale. Même l'accusation apprendra beaucoup au cours de ce procès», a-t-il déclaré. «Charles Blé Goudé n’a jamais ordonné l’utilisation de la violence», a indiqué son avocat, le Néerlandais Geert-Jan Knoops, plus tôt dans la journée.

Surnommé le «général de la rue»

Surnommé le «général de la rue», il est un proche de l'ex-président Laurent Gbagbo. A la tête du Cojep et des Jeunes Patriotes, il a mobilisé la jeunesse ivoirienne en faveur du chef de l'Etat de l'époque au cours de la crise ivoirienne qui a duré de 2000 à 2011. Il a notamment lancé ses partisans dans des émeutes contre l'influence française en Côte d'Ivoire en janvier 2003 et en novembre 2004. Ancien chef du célèbre syndicat étudiant de la Fesci, il a su se faire remarquer par son charisme lors de ses interventions aux assemblés populaires qui foisonnaient à ce moment à Abidjan, la plus grande ville du pays.

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont poursuivis par la CPI pour leurs responsabilités présumées dans la crise post-électorale de 2010-2011 qui a fait plus de 3 000 morts, selon l'ONU. Ils ont plaidé non-coupables, jeudi 28 janvier à l'ouverture du procès. La défense de l'ancien président a, elle, accusé, le 1er février, Alassane Ouattara de s'être emparé du pouvoir «par la force», avec l'aide de la France, l'ex-puissance coloniale.

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