Incidents liés aux réfugiés : le Premier ministre suédois accusé de mauvaise gestion de la crise

© Bjorn Larsson Rosvall Source: Reuters

L’opposition suédoise de centre-droite a déposé un recours contre le Premier ministre Stefan Löfven, soulignant l’échec de son gouvernement à adopter des mesures rapides et efficaces quand les autorités étaient submergées par la crise de réfugiés.

Dans la notification rapportée au Parlement vendredi matin, le gouvernement est accusé de ne pas avoir répondu à un signal d’alarme lancé par la ville de Malmö en août dernier, ainsi qu’à des avertissements donnés en septembre au ministre des Affaires étrangères Margot Wallström et à des remarques répétées de la police indiquant que la situation était hors de contrôle.

«Nous avons senti que personne ne s’est avancé et n’a pas pris ses responsabilités», a fait savoir au journal DN Jessica Polfjärd, représentante du parti du centre-droite des Modérés au Parlement suédois. «La personne qui porte les responsabilités est le Premier ministre».

Le gouvernement suédois a introduit au milieu du mois de novembre un durcissement soudain du droit d’asile et des politiques frontalières, conséquence de l’arrivée dans le pays de plus de 10 000 nouveaux demandeurs d’asile par semaine. Le nombre de réfugiés arrivant en Suède a depuis chuté à 776 personnes par semaine.

L’enquête sera menée par le comité constitutionnel (KU), garant du respect des règles suivies par le gouvernement suédois dans le cadre de sa mission.

Comme le gouvernement a la responsabilité ultime concernant la gestion des situations d’urgence, nous sentons qu’il y a des problèmes sur lesquels nous devons faire toute la lumière, pour que nous puissions dire aux Suédois pourquoi il y a eu de tels retards. «Bien qu’ayant été averti de la situation d’urgence, le gouvernement a choisi de ne pas agir immédiatement», a expliqué Polfjärd.

En se plaignant du faible nombre de structures d’accueil dans le pays, Polfjärd a accusé le Premier ministre et le gouvernement de ne pas régler le problème, obligeant des gens à dormir dans les rues de Malmö.

Violences dans un centre de réfugiés pour mineurs

Sur fond de remise en cause de l’autorité du gouvernement, des employés d’un centre d’accueil d’enfants réfugiés ont dû se barricader dans une pièce, après que 19 jeunes hommes se sont révoltés et les ont attaquél avec des armes de fortune.

«Il y a eu une violente émeute dans le centre d’accueil pour enfants réfugiés non accompagnés», a expliqué Ingela Crona, de la police locale de Kalmar au journal Expressen.

Des violences ont éclaté après le refus du personnel d’acheter des bonbons pour un des résidents. L’adolescent est ensuite devenu furieux et avec un groupe d’amis, a commencé à briser des fenêtres et attaquer les employés.

Le personnel a été libéré seulement après l’arrivée de la police sur place, qui a arrêté le jeune homme soupçonné d’avoir provoqué le soulèvement. La municipalité d’Emmaboda, près de Kalmar, qui supervise le centre, a déplacé certains des résidents suite à l’incident.

Cette émeute n’est qu’une illustration des nombreux cas de violences qui se produisent dans les centres de réfugiés pour mineurs non accompagnés. Lundi, une jeune femme a été poignardée à mort lors d’une bagarre dans un de ces centres à Molndal, dans le Sud de la Suède. L’agresseur de 15 ans qui y habitait a été arrêté et placé en détention.

La déportation de réfugiés

Plus de 35 000 enfants réfugiés non accompagnés sont arrivés dans le pays en 2015, tous, mis à part 2 847 d’entre eux sont de sexe masculin, selon le rapport de janvier du Réseau européen des médiateurs pour enfants (ENOC).

Au total, quelque 163 000 réfugiés ont demandé l’asile en Suède l’année dernière, soit le nombre le plus élevé par habitant en Europe.

Cependant le ministre de l’Intérieur Anders Ygeman a annoncé jeudi que la Suède envisageait d’expulser 80 000 réfugiés et migrants arrivés en 2015 dont la demande d’asile a été rejetée.

«Il s’agit de près de 60 000 personnes, mais ce nombre pourrait s’élever à 80 000», ont indiqué les médias suédois reprenant les déclarations du ministre. Ce dernier n’a toutefois pas fourni de détails sur le pays d’origine des réfugiés en instance d’expulsion.

Entretemps, la Finlande qui fait aussi face à une crise similaire, rejoint la Suède dans sa décision de déporter les migrants. Le pays compte de son côté expulser 20 000 des 32 000 demandeurs arrivés dans le pays l'an dernier, conformément au taux habituel de rejet qui atteint 65%, selon la chef de cabinet du ministre de l'Intérieur, Païvi Nerg, interrogée par l'AFP.

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