L'indépendence du Kurdistan «plus proche que jamais», selon le leader Kurde irakien

Massoud Barzani lors d'un conférence avec la ministre de la Défense allemande Ursula von der Leyen le 25 septembre 2014. © Azad Lashkari. Source: Reuters
Massoud Barzani lors d'un conférence avec la ministre de la Défense allemande Ursula von der Leyen le 25 septembre 2014.

Selon Massoud Bazani, les accords de Sykes Picot qui répartissaient le Moyen-Orient en plusieurs zones d'influences occidentales sont arrivés à leur fin et un nouvel accord international est nécessaire et doit être imminent.

Le président de la région autonome kurde du nord de l'Irak Massoud Barzani a appelé les dirigeants mondiaux à reconnaître que le pacte de Sykes-Picot qui a délimité les territoires du Moyen-Orient en zones d'influences occidentales il y presque 100 ans est désormais «dépassé» et les a exhortés à négocier un nouvel accord ouvrant la voie à un Etat kurde indépendant. Pour lui, l'indépendance est aujourd'hui «plus proche que jamais».

Massoud Barzani, qui a dirigé les territoires kurdes d'Irak ces dix dernières années a déclaré que la communauté intenationale avait commencé à accepter que l'Irak et la Syrie en particulier, ne seraient plus jamais unifiés et que la «co-existence obligatoire» dans la région s'était révélée fausse.

Selon les dires du leader kurde, cité par le Guardian, la vision des diplomates occidentaux se basant sur les vestiges de l'ère de Sykes-Picot est «totalement éronnée» et sur le terrain, la réalité est toute autre.

Pour Massoud Barzani, le maintient du statu-quo conduira à la désintégration et à la destruction de la région. «Il est totalement illogique d'insister sur la poursuite d'une mauvaise expérience qui a duré pendant 100 ans et n'a conduit nulle part», a-t-il déclaré, cité par le Guardian.

Il est «indispensable», selon lui, que les puissances régionales et mondiales arrivent à un nouveau pacte qui permettrait de protéger les communautés en Irak et en Syrie, où les divisions socio-religieuses ont pris un aspect sectaire. 

Le dirigent kurde irakien a déploré le fait que la co-existence n'était «pas ancrée dans la culture irakienne», rappelant qu'«en 1991, nous avons tenté de négocier avec les criminels responsables des bombardements chimiques lors de la campagne la campagne Anfal [lancée par Saddam Hussein contre les Kurdes].

En 2003 «nous sommes allés à Bagdad et fait de notre mieux pour arriver à processus constitutionnel, sans succès. Nous avons toujours fait de notre mieux pour préserver l'unité dans un Irak démocratique, a-t-il ajouté». 

«Si nous ne pouvons pas vivre ensemble, nous devons trouver d'autres solutions», a insisté Barzani. L'indépendance est notre droit national. Le peuple kurde n'est une menace pour personne dans la région, mais nous n'attendrons que l'on nous donne la permission d'exercer notre droit», a-t-il martelé.

La carte politique du nord de l'Irak a radicalement changé au cours des 18 derniers mois, depuis que l'Etat islamique a envahi la deuxième ville d'Irak, Mossoul. Les forces kurdes controlent désormais pleinement la ville de Kirkouk et Sinjar et ont revendiqué le des milliers de kilomètres de terre supplémentaires qui sont actuellement sous le controle du gouvernement central irakien. 

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