La police colombienne a-t-elle écouté des journalistes enquêtant sur un réseau de prostitution ?

Un police colombien en faction© John Vizcaino Source: Reuters
Un police colombien en faction

La police colombienne fait face à des accusations d’écoutes portées par une journaliste renommée qui enquêtait sur l’implication d’élèves policiers dans un réseau de prostitution.

Alors que le bureau du procureur général et le président colombien ont séparément ordonné une enquête concernant les accusations, des critiques affirment que les investigations sont entravées par des menaces de morts et des conflits d’intérêt. Ceci est le troisième scandale d’importance concernant des écoutes en moins d’une décennie.

Le dernier en date a éclaté lorsqu’une éminente présentatrice radio et ancienne présentatrice télévisuelle Vicky Dávila  a annoncé que elle, sa famille, et son équipe avaient été espionnés et écoutés par la police nationale. Vicky Dávila, qui enquêtait sur l’implication présumée de 300 élèves policiers dans un réseau de prostitution destiné à fournir des femmes à des officiels de haut-rang, a affirmé qu’elle pensait être suivie depuis 2014. «Je l’ai découvert lorsqu’une personne qui m’était inconnue, et affirmait être un membre de la police et voulait soulager sa conscience, m’a écrit ainsi qu’à Claudia Morales [une autre journaliste] afin de nous informer du fait que nous étions la cible d’un programme d’espionnage clandestin de la police» a-t-elle déclaré à l’Intercept.

Depuis que ce scandale est sorti en décembre, quatre autres journalistes enquêtant sur la police ont aussi affirmé être victimes d’écoutes et de harcèlement. Le général de Colombie, Eduardo Montealegre, a publiquement soutenu Vicky Dávila, renforçant par-là la crédibilité de ses accusations. «Le bureau du procureur général a de solides indications sur le fait que des filatures et des écoutes de Vicky Dávila et d’autres journalistes aient été menées par la police» a tweeté le bureau d’Eduardo Montealegre en décembre 2015.

Suite à ce communiqué, le bureau du procureur général a indiqué que le procureur menant l’enquête à Bogota avait reçu une série d’appels anonymes dont certains étaient des menaces de mort. Eduardo Montealegre a soutenu que son bureau ne «serait pas intimidé».

L’enquête suit toujours son cours, et le président Juan Manuel Santos a pour le moment refusé de licencier le directeur de la police nationale, le général Rodolfo Polomino, lui-même visé par des accusations, de harcèlement sexuel sur une subordonnée en 1998. Le président a exprimé des doutes concernant les accusations de Dávila and Morales, les qualifiant de «ragots et rumeurs». «Cela serait irresponsable de ma part de sacrifier quelqu’un avec une telle carrière dans la police» a-t-il déclaré à la presse. «Si elles m’apportent des preuves, elles peuvent être sûres que j’agirai».

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