L’UEFA annonce le boycott des compétitions de la FIFA tant que le projet d’ouverture aux investisseurs privés ne sera pas abandonné
Source: Gettyimages.ruLe football européen ouvre un bras de fer sans précédent avec la FIFA. En cause: un projet qui permettrait à des investisseurs privés d’entrer au capital d’une structure liée aux grandes compétitions mondiales. L’UEFA exige son retrait total et menace d’ici là de priver les tournois de toutes ses équipes nationales. La rupture est maintenant actée.
Le bras de fer entre l’UEFA et la FIFA a franchi un nouveau cap ce 30 juillet. Réunies en urgence, les 55 associations membres de l’instance européenne ont décidé à l’unanimité de boycotter les compétitions organisées par la FIFA tant que le projet contesté ne sera pas totalement abandonné, selon un communiqué officiel publié le même jour.
À l’origine de cette crise se trouve la création envisagée d’une nouvelle structure commerciale, baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE). Celle-ci regrouperait les activités commerciales de la FIFA ainsi que les droits liés à ses principales compétitions masculines et féminines. Le projet, rendu public le 28 juillet puis précisé le lendemain, a ensuite été confirmé par l’instance mondiale.
La FIFA prévoit de céder à des investisseurs privés environ 20 % du capital de cette nouvelle société afin de lever près de 4,2 milliards de dollars. Des discussions auraient également été menées avec des personnes proches de l’administration du président américain Donald Trump.
Parmi les investisseurs potentiels figure notamment l’homme d’affaires américain Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. De son côté, la FIFA défend ce projet en affirmant qu’il permettrait d’accroître les ressources versées aux associations nationales et de soutenir davantage le développement du football.
L’UEFA refuse l’entrée d’intérêts privés
L’UEFA rejette toutefois catégoriquement cette initiative. Dans son communiqué du 30 juillet, elle présente la Coupe du monde comme un patrimoine sportif construit par plusieurs générations de joueurs, de sélections nationales et de supporters à travers le monde. Sa position tient en une formule claire : « La Coupe du monde n’est pas à vendre ».
L’organisation européenne conteste également la méthode employée par la FIFA. Elle affirme qu’un projet d’une telle importance a été élaboré sans véritable consultation des institutions chargées de représenter et de protéger le football. Selon elle, les fédérations nationales ont été placées devant un choix imposé : accepter ce nouveau modèle ou en subir les conséquences.
Gianni Infantino aurait fixé au 19 septembre la date limite pour obtenir le soutien des associations nationales. Le président de la FIFA aurait aussi averti que les fédérations opposées au projet pourraient recevoir moins de financements destinés au développement du football.
Pour l’UEFA, l’arrivée d’investisseurs privés dans une structure chargée de gérer les principales activités commerciales et compétitions internationales transformerait durablement la gouvernance du football mondial. L’instance européenne redoute que les décisions concernant les calendriers, les formats des tournois et l’avenir des compétitions soient désormais guidées par les intérêts des actionnaires, au détriment des fédérations, des clubs, des joueurs et des supporters.
Un boycott jusqu’au retrait du projet
L’UEFA affirme qu’aucune équipe relevant de ses 55 associations membres ne participera aux compétitions de la FIFA tant que la proposition ne sera pas abandonnée dans sa totalité.
L’organisation exige en outre des garanties fermes selon lesquelles la gouvernance et les compétitions de la FIFA ne seront jamais ouvertes à des intérêts privés. L’absence des équipes européennes priverait toutefois les tournois organisés par la FIFA d’une partie importante de leurs participants et réduirait fortement leur attractivité sportive et commerciale.
Le désaccord dépasse ainsi la seule question du financement. Il porte également sur le contrôle futur des principales compétitions mondiales et sur la place que pourraient y occuper des investisseurs privés. Pour l’UEFA, un tel modèle reviendrait à transformer les tournois internationaux en produits d’investissement soumis à des objectifs de rentabilité.
Dans son communiqué du 30 juillet, l’organisation assure qu’elle s’opposera à cette initiative « avec la détermination la plus absolue ». Le boycott restera donc en vigueur tant que la FIFA n’aura pas retiré son projet et fourni les garanties réclamées.
