Matteo Renzi reporte le débat sur la dépénalisation de l'immigration clandestine

Matteo Renzi, le premier ministre italien Source: Reuters
Matteo Renzi, le premier ministre italien

Le Premier ministre italien entend dépénaliser l'immigration clandestine en Italie, comme demandé par des magistrats. Face à l'opposition, il a dû reporter le débat sur cette loi à plus tard.

Matteo Renzi ne veut pas s’embarrasser avec un débat qui s’annonce houleux. Alors que le gouvernement italien envisage d'abolir le délit d'immigration clandestine, le Premier ministre Matteo Renzi a retiré de l’agenda politique le débat sur cette question. Initialement prévu le 15 janvier, ce débat est repoussé sine die, même si Matteo Renzi assure que le gouvernement allait «poursuivre sereinement» son travail sur ce projet de loi.

Introduit en 2009 et vivement décrié par les magistrats, cette loi tient pourtant à cœur de certains hommes politiques italiens, qui dénoncent le projet du gouvernement ce centre-gauche.

Pourtant, dans la presse, le procureur national chargé de combattre la mafia et le terrorisme, Franco Roberti, dont les services coordonnent aussi la lutte contre les réseaux de passeurs, a expliqué que ce délit était «un obstacle aux enquêtes». Selon lui, traiter les migrants devraient au contraire être considérés «comme des témoins, voire comme des victimes».

Reste que Matteo Renzi sait le risque politique a traiter ce dossier actuellement, alors que l’Italie reste l’un des pays européens directement confronté à la tension migratoire actuelle, de part sa proximité maritime avec la Libye. «Le sentiment d’insécurité est réel», a reconnu le Premier ministre. «Et pour cette raison nous allons procéder calmement avec ce processus (de suppression de la loi, ndlr) en changeant les règles sans hâte». 

Pour Renzi, la décision doit aussi venir au niveau européen, où une «position commune» est indispensable.

Toujours est-il que dans son pays, Matteo Renzi fait face à une vraie opposition quant à ce projet de loi. Le délit d'immigration clandestine «est un symbole, et les symboles comptent (...). L'abolir veut dire ouvrir la porte à tous», a déclaré Roberto Maroni, qui était ministre de l'Intérieur lors de l'adoption de la mesure, sous Silvio Berlusconi.

«Est-ce qu'ils se rendent compte de ce qui se passe dans le monde ? Ils sont fous !», s'est insurgé Matteo Salvini, chef de la Ligue du Nord et allié du Front national français. Avant de se montrer menaçant : «La Ligue montera des barricades, au Parlement puis dans les rues avec un référendum, contre cette honte».

Suite à son annonce, Matteo Renzi n’a pas indiqué de nouvelle date pour l’examen de ce projet de loi. L’Italie a accueilli, en 2014, plus de 300 000 migrants. Plus de 3000 personnes ont péri la même année dans la Méditerranée en tentant de rejoindre les côtes de l’Italie. 

En savoir plus : Des pays menacés de sanctions pour ne pas avoir enregistré des migrants

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