L'Europe en 2050 : bortsch, dresseurs d’ours, verres à schnaps et 137e paquet de sanctions

L'Europe en 2050 : bortsch, dresseurs d’ours, verres à schnaps et 137e paquet de sanctions
Illustration inspirée de l’article d’Euractiv sur les sanctions européennes contre la Russie est générée par l'intelligence artificielle
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Le média européen Euractiv tourne en dérision la politique de sanctions de l’UE contre la Russie dans un scénario fictif en 2050. En imaginant Bruxelles toujours enfermée dans cette mécanique dans 25 ans, le média européen pointe les limites d’une stratégie dont l’efficacité est de plus en plus contestée.

Le média européen Euractiv a publié, le 3 juillet, un article satirique intitulé « La stupidité de l’Europe, impossible à sanctionner ». Le texte imagine l’Union européenne en 2050, avec Ursula von der Leyen, âgée de 92 ans et réélue pour un septième mandat à la tête de la Commission européenne, annonçant un 137e paquet de sanctions contre la Russie.

Dans ce scénario fictif, Bruxelles vise encore deux navires de la « flotte fantôme » russe, en plus des quelque 4 000 déjà sanctionnés. Euractiv évoque aussi l’interdiction d’exporter vers la Russie des verres allemands à schnaps, l’interdiction d’entrée dans l’UE pour les combattants russes de MMA et les dresseurs d’ours, ainsi que des restrictions sur la bière russe, le bortsch et plusieurs types de fromage. À ce stade, la caricature n’a presque plus besoin de forcer le trait.

La scène se poursuit par une conférence de presse tout aussi ironique. Euractiv écrit que les questions sont interdites, « comme d’habitude », avant de préciser que cette règle n’a même plus d’utilité : après 136 paquets de sanctions, aucun journaliste n’essaie encore d’en poser.

Un 21e paquet déjà contesté

Derrière l’humour, Euractiv renvoie directement aux débats actuels à Bruxelles. Le média estime que son scénario imaginaire est « seulement un peu moins absurde » que la réalité européenne. Il rappelle que l’Union européenne discute aujourd’hui d’un 21e paquet de sanctions contre Moscou, largement calqué sur les précédents.

Ce nouveau paquet prévoit notamment des mesures contre 30 navires de la « flotte fantôme », 31 banques russes, 20 entreprises de pays tiers et de nouvelles restrictions à l’exportation, principalement dans le secteur des métaux. La mécanique paraît bien rodée : un nouveau paquet, de nouvelles annonces, mais des doutes qui reviennent.

Les propositions les plus nouvelles sont d’ailleurs aussi celles qui provoquent le plus de réserves au sein même de l’Union européenne. La limitation des importations de poisson russe inquiète ainsi l’Allemagne et d’autres grands importateurs, préoccupés par la recherche d’alternatives bon marché. Euractiv indique également que la France et l’Italie s’opposent à une interdiction d’entrée dans l’UE visant les militaires russes, en raison de difficultés juridiques et pratiques.

Une stratégie qui s’essouffle

Les discussions portent aussi sur une éventuelle sanction contre le patriarche Cyrille, chef de l’Église orthodoxe russe. Cette mesure suscite des résistances, notamment en Bulgarie. Sofia pourrait même opposer son veto si les nouvelles restrictions portent atteinte aux intérêts bulgares.

Au-delà de ces désaccords, Euractiv met en avant une critique plus large : la stratégie européenne n’a pas permis d’obtenir les résultats politiques recherchés par Bruxelles. Le média écrit que « le nœud coulant des sanctions peut être resserré, mais l’ours russe ne suffoquera pas ». Il rappelle aussi que plusieurs prévisions occidentales annonçant une chute rapide de l’économie russe ne se sont pas réalisées.

Selon Euractiv, malgré les contraintes imposées par les sanctions, l’économie russe continue de tenir. Le média cite notamment Richard Connolly, du Royal United Services Institute, selon lequel les conflits sont rarement abandonnés uniquement parce qu’ils deviennent coûteux. À ce rythme, la satire d’Euractiv ressemble moins à une fiction lointaine qu’à un avertissement adressé à Bruxelles : réexaminer son régime de sanctions, au lieu de continuer à empiler de nouvelles restrictions.

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