Escalade au Liban : l’Iran met en garde contre un effondrement des négociations avec Washington
© Getty ImagesL’Iran prévient que l’escalade israélienne au Liban et à Gaza menace les négociations avec Washington. Téhéran accuse les États-Unis d’une responsabilité indirecte dans la poursuite des hostilités. Les tensions régionales s’intensifient malgré des efforts diplomatiques parallèles et fragiles.
Des responsables iraniens alertent sur le risque d’un effondrement des pourparlers de cessez-le-feu avec les États-Unis, alors que l’escalade militaire israélienne au Liban et les raids persistants à Gaza continuent de s’intensifier. Selon eux, la poursuite de ces agressions pourrait faire dérailler un processus diplomatique déjà fragile et laborieux.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, estime que l’offensive israélienne au Liban et les tensions autour des ports iraniens équivalent à une violation globale de la trêve. « Le cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis est sans équivoque un cessez-le-feu sur tous les fronts, y compris au Liban », a-t-il affirmé, ajoutant : « Toute violation sur un front constitue une violation sur tous les fronts. »
Dans le même esprit, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement et négociateur en chef, accuse les États-Unis de laisser faire Israël. « Le blocus naval et l’escalade des crimes de guerre au Liban […] sont une preuve manifeste du non-respect du cessez-le-feu par les États-Unis », a-t-il déclaré, évoquant également un coût futur à payer : « Chaque choix a un prix. »
Le dossier libanais entre les mains de Washington et Téhéran
Sur le terrain, Israël a intensifié ses attaques dans le sud du Liban, ordonnant l’évacuation de la banlieue de Dahiye, à Beyrouth, et menant des frappes, tandis que ses forces terrestres ont progressé plus profondément que jamais depuis plus de vingt ans. Dans ce contexte, Donald Trump affirme être intervenu pour calmer la situation, assurant avoir obtenu de Benjamin Netanyahou la promesse qu’aucune troupe ne serait envoyée à Beyrouth.
Le président américain a également évoqué un échange indirect avec le Hezbollah, affirmant que « tous les tirs cesseraient ». Une déclaration sans confirmation officielle et jugée exceptionnelle, aucune relation directe entre Washington et le mouvement n’étant reconnue.
De son côté, l’agence Tasnim rapporte que Téhéran conditionne toute reprise des discussions à l’arrêt des attaques israéliennes à Gaza et au Liban. Les Gardiens de la révolution évoquent même la possibilité d’ouvrir de « nouveaux fronts » si les « lignes rouges » étaient franchies.
Dans ce climat, les États-Unis tentent de maintenir des négociations séparées entre Israël et le Liban, tandis que l’Iran insiste pour intégrer le dossier libanais à tout accord global. Donald Trump, pour sa part, assure que l’Iran « veut conclure un accord » et appelle à laisser la diplomatie suivre son cours.