Les États-Unis font traverser discrètement le détroit d'Ormuz à une poignée de navires marchands, selon le Wall Street Journal
Source: Gettyimages.ruAlors que les tensions militaires perturbent fortement la navigation dans le détroit d'Ormuz, certains navires continuent de franchir ce passage stratégique grâce à une coordination étroite avec les forces américaines, selon le Wall Street Journal. Une méthode qui réduit leur visibilité, mais accroît certains risques de navigation.
Certains navires marchands traversant le détroit d'Ormuz adoptent désormais une méthode de navigation inhabituelle afin de réduire le risque d'être pris pour cible, rapporte le Wall Street Journal. Certains bateaux naviguent désormais « dans le noir » : ils coupent leurs feux et désactivent leur système d'identification automatique, un dispositif normalement utilisé pour signaler leur position et prévenir les collisions.
La désactivation de ces systèmes rend les navires plus difficiles à détecter électroniquement et limiterait ainsi leur exposition à d'éventuelles attaques iraniennes. Pour franchir ce passage stratégique, plusieurs armateurs maintiennent un contact permanent avec les forces américaines présentes dans la région.
D'après des propriétaires de navires et des responsables américains cités par le quotidien, l'armée américaine surveille le trafic à l'aide de radars, de drones et d'autres moyens de reconnaissance. Elle fournirait également des recommandations précises aux équipages, notamment sur le moment opportun pour couper leurs systèmes de signalement et sur la conduite à adopter en cas de menace.
Malgré ces mesures, le trafic reste très inférieur à son niveau habituel. Avant le conflit, plus d'une centaine de navires empruntaient quotidiennement le détroit. Aujourd'hui, seuls quelques bateaux parviennent à le traverser chaque jour. Les mouvements maritimes se sont même quasiment interrompus lors de plusieurs épisodes de tension, notamment la semaine dernière après des attaques américaines contre des sites iraniens à proximité du détroit.
Cependant, les enjeux économiques demeurent considérables. De nombreux armateurs cherchent à faire sortir leurs navires du golfe Persique malgré les risques. Les analystes du secteur estiment qu'un grand pétrolier immobilisé coûte entre 10 000 et 15 000 dollars par jour en carburant et en frais d'équipage. À cela s'ajoutent la hausse des primes d'assurance et les rémunérations majorées des marins, qui bénéficient de primes de guerre.
Cette stratégie de navigation n'est toutefois pas dénuée de risques. Privés des informations transmises par les systèmes électroniques habituels, les équipages doivent s'appuyer principalement sur les radars pour se repérer et éviter les collisions. Les marins soulignent que cette méthode exige une grande expérience de la part de l'officier chargé de la navigation.
La difficulté est renforcée par le fait que les radars n'affichent pas l'identité des autres navires. Les équipages doivent alors interpréter eux-mêmes les intentions des bateaux croisés, ce qui complique les communications, la coordination et les manœuvres destinées à éviter les accidents dans l'un des couloirs maritimes les plus stratégiques du monde.