OPEP+ : une hausse de production qui pourrait rester sur le papier
© Rafiq Maqbool Source: APRéunis ce 5 avril, les membres de l’OPEP+ devraient examiner une nouvelle augmentation de leurs quotas de production pour le mois de mai. Mais en raison de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, qui continue de bloquer le détroit d’Ormuz, cette hausse devrait rester pour l’essentiel théorique et sans effet immédiat sur l’offre mondiale.
L’OPEP+ pourrait entériner ce 5 avril une nouvelle hausse de sa production pétrolière, selon plusieurs sources du groupe citées par Reuters. Une décision qui aurait toutefois une portée essentiellement symbolique, les principaux pays producteurs étant actuellement dans l’incapacité d’augmenter réellement leur offre.
Depuis la fin du mois de février, la guerre opposant l’Iran à la coalition américano-israélienne a entraîné la fermeture de facto du détroit d’Ormuz, axe stratégique par lequel transite une part majeure du pétrole mondial. Cette situation a fortement réduit les exportations des principaux membres du cartel capables, jusqu’ici, d’accroître leur production, à savoir l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et l’Irak.
Selon plusieurs responsables de la région, plusieurs mois seront nécessaires pour retrouver un fonctionnement normal, même en cas de cessez-le-feu immédiat et de réouverture rapide du détroit.
Lors de sa précédente réunion, le 1er mars, l’OPEP+ avait déjà approuvé une hausse modérée de 206 000 barils par jour pour le mois d’avril, alors même que les premières perturbations commençaient à affecter les flux pétroliers. Un mois plus tard, les estimations évoquent une baisse de 12 à 15 millions de barils par jour, soit près de 15 % de l’approvisionnement mondial, ce qui constitue l’une des plus importantes perturbations jamais enregistrées sur le marché.
Les prix continuent de s'envoler
Sous l’effet de cette crise, les cours du brut se sont envolés, atteignant près de 120 dollars le baril, leur plus haut niveau depuis quatre ans. La banque JPMorgan Chase estime même que les prix pourraient dépasser 150 dollars si les exportations via Ormuz restent bloquées jusqu’à la mi-mai.
La réunion de ce 5 avril doit fixer les quotas de production pour le mois de mai. Si une hausse est validée, elle n’aura que peu d’effet immédiat sur les volumes disponibles, mais constituera un signal politique fort quant à la volonté du cartel d’augmenter rapidement son offre dès que les conditions logistiques le permettront.
Le cabinet de conseil Energy Aspects qualifie déjà cette éventuelle hausse d’« académique », estimant qu’elle restera sans effet concret tant que les perturbations dans le détroit d’Ormuz persisteront.