Porochenko refuse de retirer son artillerie lourde et donne l’assaut

(REUTERS/Valentyn Ogirenko) Source: Reuters
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Selon Dmitri Peskov, porte-parole de Vladimir Poutine, Kiev est reparti à l’assaut dans l’est de l’Ukraine le 17 janvier 2015 ignorant les proposions faites par le président russe qui avait suggéré aux deux parties de retirer l'artillerie lourde.

« Pendant ces derniers jours, la Russie a fait des efforts constants dans le cadre de sa médiation du conflit. Jeudi soir le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine a envoyé un message écrit au président ukrainien Petro Porochenko, dans lequel il a proposé un plan d’action aux deux parties en conflit pour retirer leur l’artillerie lourde. Le président ukrainien a reçu cette lettre vendredi matin », a déclaré à RIA Novosti, Dmitri Peskov, le porte-parole de Vladimir Poutine.

« L’évolution de la situation en Ukraine et la reprise des bombardements des zones habitées dans les régions de Donetsk et de Lougansk provoque une vive inquiétude et met en péril le processus de paix initié sur la base du mémorandum de Minsk », lit-on notamment dans le message du président russe.

La lettre se termine sur une proposition du maître du Kremlin qui suggère un retrait immédiat de l’artillerie d’un calibre supérieur à 100 mm à la distance définie par les accords de Minsk. La Russie est prête à veiller sur l’application des accords, de concert avec l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Toutefois, Dmitri Peskov a souligné que le président ukrainien avait refusé ce plan sans proposer d’’alternative. « De plus, Kiev a lancé une nouvelle offensive contre Donetsk », a souligné l’intéressé, ce qui a causé la « dégradation absolue de la situation dans le sud-est de l’Ukraine ».

(RIA Novosti/Mikhail Parhomenko) Source: RIA NOVOSTI
(RIA Novosti/Mikhail Parhomenko)

Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères a accusé Kiev d’avoir profité du cessez-le-feu pour « regrouper ses forces, en essayant de prendre des mesures pour provoquer une nouvelle escalade du conflit dans le but d’y mettre fin par les armes [...] Nous sommes vivement préoccupés par le fait que la partie ukrainienne continue à renforcer sa présence militaire dans le sud-est du pays, ce qui est une violation de l’accord de Minsk ».

Au matin du 18 janvier, les troupes ukrainiennes ont lancé une offensive de grande ampleur dans les territoires occupés par les insurgés. Cet ordre émanant de Kiev a été donné après plusieurs jours d’affrontements rugueux sur les ruines de l’aéroport de Donetsk, lieu de combats constants entre les troupes de Kiev et les insurgés, malgré la signature du cessez-le-feu en septembre 2014.

Le 13 janvier, des tirs d’artillerie tombés sur un autobus ont tué 12 personnes à proximité d’un poste de contrôle ukrainien près de la ville de Volnovakha, dans la région de Donetsk. La République populaire autoproclamée de Donetsk a répliqué aux accusations de Kiev en expliquant que ce bus était un cible de l’armée ukrainienne.

Cette nouvelle escalade des combats a aussi été constatée sur la ligne de front à Donetsk et dans les régions voisines. La Russie a appelé les membres de la communauté internationale, et en particulier de l’OSCE, à demander Kiev d’abandonner sa politique visant réprimer conflit par la force.

« Il est nécessaire de cesser les hostilités et de ramener le calme en Ukraine, l’OSCE doit jouer un rôle important dans ce règlement », précise le communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

Moscou a insisté sur la nécessité de poursuivre les négociations menées sous l’égide du groupe de contact pour mettre en œuvre les accords de Minsk, soulignant que la Russie fera tout son possible pour que la prochaine réunion du groupe de contact puisse avoir lieu en début de semaine prochaine.

« Nous appelons tous les membres et ceux qui ont une influence sur ce qui se passe à ne pas permettre qu’un nouvel échec se produise », a expliqué, Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères.

La Russie s’est dite prête à « utiliser son influence sur les insurgés » dans le sud-est de l’Ukraine pour qu’ils s’engagent de leur plein gré à retirer l’artillerie lourde de la ligne de front et que son positionnement géographiques corresponde aux demandes de Kiev pour « éviter de nouvelles victimes parmi la population civile ».

Le ministère russe des Affaires étrangères a relié les attaques mortelles sur Donetsk et la vaste offensive de Kiev à la prochaine réunion du Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne (UE) du 19 janvier 2015. Le ministère a en outre fait remarquer que ce type d’attaque s’assimilait à une provocation apparente (semblable à la situation du Boeing de Malaysia Airlines ou à l’incident du bus de Volnovakha) qui se produit, en règle générale, à la veille des réunions de l’UE sur l’Ukraine ou de celles d’autres pays occidentaux.

Selon un porte-parole, Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), s’inquiète beaucoup de la reprise des combats dans le sud-est de l’Ukraine qui a déjà fait de nombreuses victimes. Il a également réclamé la « cessation immédiate et totale des hostilités ».

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