Le Hezbollah promet de venger la mort d’un de ses chefs dans une «frappe israélienne»

© Ali Hashisho Source: Reuters

Le leader du Hezbollah Sayyed Hassan Nasrallah a promis que le mouvement chiite riposterait d’une façon qu’il considère «appropriée» pour le meurtre du commandant Samir Kuntar dans une frappe sur la Syrie qu’il attribue à Israël.

«Samir est l’un de nous et il est commandant de notre résistance et c’est notre droit d’exercer des mesures de représailles pour son assassinat à l'endroit, au moment et de la façon que nous trouverons appropriés», a annoncé Nasrallah, quelques heures après les imposantes funérailles de Kuntar à Beyrouth, lundi.

«Pour nous, Israël porte pleinement la responsabilité de son assassinat [...] Nous n'avons pas le moindre doute », a-t-il poursuivi. Des groupes loyalistes syriens ont à leur tour annoncé leur détermination à venger la mort de Kuntar.

L’attaque sur Damas a eu lieu samedi soir, lorsqu’une frappe a touché un immeuble de six étages dans la banlieue de Jaramana. Jusqu’à huit personnes auraient été tuées, parmi lesquelles le commandant Samir Kuntar.

«Deux avions de combat ont effectué un raid qui ciblait le bâtiment à Jaramana et ont frappé cet endroit avec quatre missiles à longue portée», lit-on sur la page Facebook des Forces syriennes de défense nationale.

Bien qu’Israël se soit félicité de la mort de Kuntar, les autorités n’ont pas revendiqué la responsabilité du raid de samedi. «Je ne confirme, ni n’infirme rien en ce qui concerne cette affaire», a indiqué le ministre israélien Yoav Gallant. «Mais c’est bien que des gens comme Samir Kuntar ne fassent plus partie de ce monde», a-t-il poursuivi.

Pour sa part, le ministre syrien de l’information, Omran al Zubia, a déclaré à Al Manar, la chaîne de télévision libanaise appartenant au Hezbollah : «Le parti qui a le plus à gagner dans l’assassinat de Kuntar est l’ennemi sioniste qui nous a habitué depuis longtemps à ces lâches attaques.»

L'annonce, dimanche, du décès de Kuntar a été suivie d'échanges de roquettes et d'obus à la frontière libano-israélienne. Avant l’incident de dimanche, la frontière était relativement calme.

En janvier, une frappe israélienne avait tué six membres du Hezbollah, dont un haut gradé. Le Hezbollah avait alors riposté par un tir de missile sur un convoi militaire israélien tuant deux soldats. Ces actions ont ainsi provoqué la plus sérieuse escalade entre le Hezbollah et Israël depuis la guerre en 2006.

Israël n’est pas impliqué officiellement dans le conflit syrien, mais a réalisé des frappes sur le territoire de la Syrie, selon le Hezbollah, ce que Tel-Aviv ne confirme, ni ne dément. Quant à la milice chiite, elle se bat du côté du gouvernement syrien.

Samir Kuntar, a été détenu en Israël après une attaque du Front de libération de la Palestine, en 1979, qui avait fait quatre morts parmi les Israéliens. Il était alors âgé de 16 ans. En 2008, il a été libéré au cours d’un échange de prisonniers entre Israël et le Hezbollah et expulsé vers le Liban. Il est plus tard devenu célèbre en tant que chef d'une milice basée à Hader et fidèle au gouvernement syrien.

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