Ukraine : les insurgés dénoncent l’attaque de Marioupol et accusent Kiev

Au moins 30 personnes ont péri dans le bombardement de Marioupol le weekend dernier, selon les autorités locales. Kiev et les milices s’en rejettent la responsabilité.

« 23 personnes, dont un enfant, sont mortes sur place ; 93 autres habitants, dont 8 enfants, ont été blessés », explique un communiqué des autorités locales, ajoutant que 7 autres personnes sont décédées à l’hôpital. Reste que le ministre de l’Intérieur ukrainien Arsène Avakov a dit plus tard que 102 habitants avaient été blessés. Parmi les morts, on dénombre deux enfants, une jeune fille de 15 ans et un garçon de 5 ans environ

« Nos forces ne disposent pas d’armes près de Marioupol susceptibles de bombarder la ville. Nos positions sont tout simplement trop éloignées », a confié à RIA Novosti, l’un des porte-paroles des insurgés à Donetsk.

« Conformément à nos renseignements, l’artillerie a tiré depuis les environs de Staryï Krym [à moins de 10 kilomètres du centre de Marioupol]. C’est là que les troupes ukrainiennes sont stationnées. Nous pensons que c’était une provocation des troupes ukrainiennes » , a ajouté le porte-parole.

Le vice-président du parlement de la République populaire de Donetsk (RPD), Denis Pouchiline, a dit que le feu d’artillerie sur Donetsk était « une nouvelle provocation » de Kiev qui cherche à « faire évoluer la situation vers un affrontement militaire » .

« On sait qui a bombardé Marioupol : de quelles régions ils viennent, de quel endroit ils ont tiré et où l’artillerie était positionnée. Autant que je sache, [les roquettes ont été] tirées par un lance-roquette multiple Grad. Nos milices n’ont pas d’artillerie capable d’atteindre l’endroit des bombardements », a dit Pouchiline.

Ce commentaire a été fait après qu’un officiel local du ministère de l’Intérieur ukrainien a accusé les rebelles de bombarder la ville située à 110 km au sud de Donetsk, le bastion des rebelles. Des propos confirmés par Edouard Basurin, officiel militaire de la République populaire autoproclamée de Donetsk, qui a annoncé à RT que les forces rebelles ne mènent aucune offensive contre Marioupol pour le moment. Plus tôt, la mairie de Marioupol avait affirmé que 16 personnes avaient été tuées et 83 autres, blessées.

Plusieurs roquettes ont frappé un quartier résidentiel, incendiant quelques voitures et endommageant un bâtiment. On présume qu’elles proviennent d’un lance-roquette multiple Grad.

Le tir a frappé la rue Kiyevskaya à l’est de la ville. Pour les autorités ukrainiennes, la roquette vient de l’Est, entre les villages de Zaichenko et de Sakhanka situés à 35 km, selon Interfax-Ukraine. Selon les milices rebelles, la position du lance-roquette se trouvait à 30 km à l’ouest de la zone attaquée. La police a de son côté fait savoir que deux postes de contrôles situés à l’extérieur de Marioupol avaient été incendiés le 24 janvier sans faire de victimes.

Les deux postes de contrôles situés à l’extérieur de Marioupol incendiés le 24 janvier.
Les deux postes de contrôles situés à l’extérieur de Marioupol incendiés le 24 janvier.

L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a déclaré qu’elle avait dépêché dans la zone touchée des représentants de sa mission d’observation à Marioupol pour enquêter sur place, selon RIA Novosti. L’organisation devrait rédiger plus tard dans la journée un rapport de situation.

« Je condamne de la manière la plus ferme cet acte violent et appelle à mener une enquête complète sur cet incident. J’exprime aussi mes plus sincères et profondes condoléances aux familles des victimes et au peuple de l’Ukraine », a dit l’Ambassadeur Ertuğrul Apakan, chef de la Mission de surveillance spéciale de l’OSCE. « Cette situation dangereuse ne peut pas continuer. Nous avons besoin d’un cessez-le-feu immédiat. L’Ukraine et son peuple ont besoin et méritent la paix. Les parties doivent retourner à la table des négociations sans plus de délai et mettre pleinement en œuvre les accords de Minsk ».

Pourtant, le vice-président du parlement de la RPD, Denis Pouchiline, a accusé l’Ukraine de « tout faire » pour interrompre les pourparlers de paix.

« Comment pouvons- nous conclure des accords avec des gens qui ne se sentent pas liés par leur parole ou leur signature et qui ont clairement montré leur incapacité de parvenir à un accord », a souligné le vice-président devant l’agence de presse local de Donetsk. « Ils acceptent une rencontre à Minsk mais ils n’y vont pas » .

Le gouvernement ukrainien a appelé ses partisans occidentaux à convoquer une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies dédié à cette escalade. La demande a été envoyée par le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk aux ambassadeurs des Etats-membres du G7.

Les troupes de Kiev et les forces rebelles sont aux prises dans de nouveaux combats après l’effondrement d’un cessez-le-feu fragile. Kiev a lancé une offensive d’envergure la semaine dernière sans pour autant marquer des points sur le terrain. Les espoirs de voir la tension baisser restent faibles tant que les responsables des deux parties expriment leur intention de continuer la lutte pour leurs causes respectives.

Marioupol, située au bord de la mer d’Azov dans la région de Donetsk en Ukraine, avait jusqu’alors été relativement préservée des conflits qui se déroulent dans le sud-est du pays depuis bientôt une année.

 

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