Crise migratoire : insécurité dans les camps, l’Allemagne veut accueillir moins de gens (VIDEO)

Migrants manifestent dans le stade olympique de Palio Faliro Source: Reuters
Migrants manifestent dans le stade olympique de Palio Faliro

En Grèce, sous la pression migratoire, un ancien stade olympique à Athènes est devenu centre d’accueil pour réfugiés. La paix et la sécurité y sont loin d’être garantis, le racket est chose commune.

Ce stade abrite aujourd’hui plus de 2 000 personnes, et selon les témoignages de migrants, les conditions de vie y sont vraiment épouvantables, ils sont souvent victimes de groupes criminels.

Ainsi, les tensions s’exacerbent entre les nombreuses nationalités qui se côtoient sous un même toit. Samedi, la police anti-émeute a même dû intervenir suite à des affrontements ayant éclaté au stade après qu’un groupe de gens a essayé d’extorquer de l’argent à des réfugiés en échange de leur protection. Près de 100 personnes ont été arrêtées.

«On m’a dit qu’un groupe de Marocains faisait du chantage aux autres pour qu’ils leur donnent de l’argent, sans quoi ils seraient forcés de partir», a fait savoir Yannis Mouzalas, ministre grec de l'Immigration à la chaîne locale MEGA TV.

Après avoir refusé, certains migrants ont été attaqués par ces voyous. Cependant, sous la contrainte, il y en a qui ont dit «oui». «Je les ai payé, mais ils m’ont battu. Ils ont volé mon portable. Ils étaient sept, ils se sont enfuis du camp», a expliqué un résident du camp dans une interview à RT.

Juste après, trois bus de police sont arrivés sur place. Cependant, ils ont mis en garde à vue des gens innocents, pas les vrais responsables, d’après l’homme interrogé.

Dans ces échauffourées de type hollywoodien, les réfugiés se sont protégés avec ce qu’ils pouvaient. Le centre a été endommagé, des fenêtres brisées, et des meubles cassés jonchaient le sol du camp.

Est-il nécessaire de séparer les migrants par nationalité ?

Après avoir mis en avant que les autorités grecques essayaient de donner refuge à tous les migrants pour les sauver du froid, l’ancien diplomate grec Leonidas Chrysanthopolus a souligné qu’Athènes n’était pas en position de séparer les migrants économiques des réfugiés venus des zones de combat.

«Tout ce qui se passe parmi ces migrants dans le stade est quelque chose qui est difficile à définir et à expliquer. Le meilleur moyen d’éviter de nouveaux troubles consiste à placer différentes catégories de migrants dans des endroits séparés, ce que ne fait pas le gouvernement», a-t-il expliqué.

Alors que les migrants continuent de s’entasser en Grèce et en Turquie, les pays qui ont jusque-là accueilli les migrants en nombre souhaitent désormais fermer peu à peu le robinet.

L’Allemagne souhaite réduire fortement le nombre d’arrivées

La chancelière allemande subit des pressions au sein de son propre parti, le CDU, au point de promettre lundi de «réduire de manière perceptible» le flot de réfugiés s’écoulant en Allemagne. Cependant elle a souligné son refus de fermer complètement les frontières, ce qu’elle considère n’être «pas la solution».

«Même un pays aussi puissant que l'Allemagne sera dépassé à la longue avec un nombre si élevé de réfugiés», a-t-elle annoncé devant son parti réuni en congrès. Pour elle, la solution passe par un accord pour une «solidarité européenne» et un renforcement des contrôles aux frontières extérieures de l'Europe ainsi qu'un travail avec la Turquie.

Elle a encore une fois répété que l'accueil des réfugiés était pour l'Allemagne et l'Europe une obligation, défendant ainsi sa décision à la fin de l'été d'ouvrir en grand les portes allemandes aux réfugiés. «Ceci n'était rien de moins qu'un impératif humanitaire», selon elle.

Au cours de ces onze derniers mois, l’Allemagne a accueilli près d’un million de migrants au total, un chiffre impressionnant qui devrait être franchi avant la fin de l’année.

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