Un KFC «version Himalaya» va ouvrir ses portes au Tibet

Un restaurant KFC à Pékin.© Kim Kyung Hoon. Source: Reuters
Un restaurant KFC à Pékin.

Le groupe de restauration rapide américain Yum! Brands a annoncé qu'il ouvrirait prochainement sa première enseigne KFC au Tibet, suscitant les inquiétudes d'ONG, 10 ans après l'échec d'un projet d'installation condamné à l'époque par le Dalaï-lama.

C'est désormais officiel : un établisssement franchisé KFC (Kentucky Fried Chicken) va ouvrir ses portes à Lhassa, la capitale de la région du Tibet (Ouest).

Le restaurant fast-food pourra ainsi servir ses buckets et ses tenders «aux consommateurs locaux et aux touristes», comme l'a annoncé un porte-parole de Yum! Brands, leader mondial du marché de la restauration rapide qui possède notamment des marques mondialement connues telles que Pizza Hut ou encore Taco Bell.

«Le restaurant incorporera des éléments de décor locaux, créera des emplois, et soutiendra le développement d'une chaîne d'approvisionnement sur place», a précisé le groupe, dont les marques sont déjà très présentes sur le reste du territoire chinois.

Ce KFC «version Himalaya» devra entrer en service en janvier 2016. Et en grande pompe par-dessus le marché, puisque la surface du restaurant s'étendra sur plus de 540 m2 sur deux étages, le tout au sein d'un grand centre commercial de Lhassa, selon l'agence officielle Chine nouvelle. Yum! Brand projette également de construire un entrepôt frigorifique dans la ville.

Mais cette implantation en plein coeur d'une région connue pour sa spiritualité ne plaît pas à tout le monde. Pour Alistair Currie, porte-parole de l'ONG Free Tibet, «jusqu'à présent, très peu de firmes étrangères se sont montrées soucieuses d'apporter des bénéfices du Tibet et aux Tibétains», et cela a «toujours été une source d'inquiétude», même si «en principe», il n'y a «rien de mal à voir une entreprise occidentale s'installer au Tibet».

L'an dernier, l'implantation de Intercontinental Hotel Group à Lhassa avait déjà provoqué de vives critiques de la part des ONG de défense des droits de l'Homme.

Actuellement, la chaîne taïwanaise de fast food Dicos est déjà implantée dans la capitale tibétaine, mais à en croire les avis des internautes, les steaks de yack proposés par les restaurants locaux sont bien plus appréciés que la nourriture fast-food.

Quant à KFC, elle avait déjà fait l'objet d'une brûlante controverse en 2004 lors d'une première tentative d'ouvrir une antenne au Tibet - projet torpillé par le Dalaï-lama, le chef spiritel tibétain en exil.

Le traitement «cruel» qu'endurent les poulets élevés pour confectionner les spécialités frites de KFC «viole les valeurs tibétaines», avait écrit le Dalaï-lama, fustigeant les «pratiques de l'industrie alimentaire». KFC avait finalement abandonné son projet, prétextant une rentabilité insuffisante.

Aujourd'hui par ailleurs, au-delà des «éléments de décor», Free Tibet demande à KFC de s'assurer que soient recrutés sur place des Tibétains, qu'ils soient formés et promus correctement et que le restaurant utilise la langue tibétaine et non seulement le chinois mandarin.

En effet, de nombreux Tibétains se plaignent de restrictions imposées à leurs traditions bouddhistes, d'une répression de leur culture, et de discriminations économiques de la part des Chinois Han, l'ethnie ultra-majoritaire en Chine.

Pékin a toujours réfuté les accusations de discriminations et d'oppression du peuple tibétain, préférant mettre en valeur la modernisation de la région.

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