Face à la menace de Boko Haram, le Sénégal décide l'interdiction du port de la burqa

Une sénégalaise portant une burqa© Capture d'écran Twitter
Une sénégalaise portant une burqa

Le Sénégal a interdit aux femmes de porter la burqa, face à la montée de la crainte de l’extrémisme islamiste dans les pays d’Afrique de l’ouest.


Le ministre de l’Intérieur Abdoulaye Douada, a déclaré que les femmes ne seraient plus autorisées à porter cette robe islamique, qui ne laisse que les yeux visibles. Daouda a dit que la question relevait de la sécurité nationale, et visant à empêcher que des terroristes utilisent la burqa pour passer inaperçus.


92% de la population sénégalaise est de confession musulmane. Bien que le pays n’ait pas vécu récemment d’attaque terroriste, les autorités craignent que des militants islamistes du groupe Boko Haram, basé au nord-est du Nigéria, n’essaie de s’étendre. Ce mois-ci, la police a arrêté cinq personnes suspectées d’avoir des liens avoir Boko Haram lors d’une opération à l’échelle nationale.

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Le Sénégal n’est pas le seul pays d’Afrique de l’Ouest à avoir interdit la burqa. Cette année, le Cameroun et le Tchad ont pris la même décision en avançant les mêmes raisons. «Le Sénégal ne fait que suivre la tendance» a indiqué Martin Ewi, un chercheur à l’Institut d’Etudes Sécuritaires. Mais l’expert précise que l’interdiction n’est pas une solution miracle. Deux jours après sa mise en place Tchad, deux kamikazes revêtus d’une burqa se sont fait exploser à N’Djamena, tuant 27 personnes dont plusieurs officiers de police. «Ils ont délibérément porté une burqa pour attirer l’attention de la police» a-t-il déclaré.

L’interdiction du port de la burqa a fait l’objet de débats au Sénégal, certains commentateurs se battant pour équilibrer les impératifs de sécurité avec la liberté religieuse. «Son imposition au Sénégal sera source d’instabilité sociale. Il y a une ligne délicate entre des mesures préventes et le respect des libertés individuelles» a déclaré Khadim Mbacke, un chercheur basé à Dakar.

Mbaye Niang, un dignitaire musulman et député, a affirmé que cette nouvelle loi était faite pour protéger l’islam. «Nous ne devrions pas laisser quelqu’un se couvrir entièrement comme font les terroristes. Ceci est une tradition dans certains pays, mais cela n’a rien à voir avec l’islam» a-t-il déclaré au journal Le Quotidien. «La raison pour laquelle les terroristes utilisent cette méthode est parce qu’ils veulent attaquer la religion», a-t-il ajouté.

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