Dans Kherson repris par Kiev, des habitants soupçonnés de collaboration craignent l'injustice

Dans Kherson repris par Kiev, des habitants soupçonnés de collaboration craignent l'injustice Source: AP
Déjà le 13 novembre, dès la reprise de la ville de Kherson par les troupes ukrainiennes, deux hommes étaient publiquement accusés d'avoir collaboré avec la Russie (image d'illustration).
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Pour avoir remis un pilote russe blessé aux forces russes lorsque ces dernières tenaient Kherson, un homme risque désormais la prison à vie. Le rabbin de la ville, qui avait laissé des soldats prier à la synagogue, s'inquiète de son sort.

A Kherson, aujourd'hui aux mains des soldats ukrainiens après le retrait des troupes russes, un homme est dans le collimateur des autorités. L'information est rapportée par le New York Times le 3 décembre, dans un long reportage, véritable plongée dans la ville portuaire : Illia Karamalikov, propriétaire d'une boîte de nuit et membre du conseil municipal qui avait refusé de quitter la ville en dépit des combats, est accusé d'avoir aidé la Russie.

Au début du conflit, avec le consentement des troupes russes, Illia Karamalikov avait mis en place une patrouille composée de quelque 1 200 personnes, notamment pour prévenir les pillages. Le 15 mars dernier, une de ses patrouilles tombait sur un pilote russe hagard, titubant vers un poste de contrôle, couvert de boue et visiblement choqué. Après l'avoir gardé prisonnier dans une buanderie une nuit durant, Illia Karamalikov et ses hommes l'ont finalement remis aux forces russes, sain et sauf, rapporte le New York Times.

Il risque la prison à vie

C'est sur cette base que Karamalikov a été mis en examen par les autorités ukrainiennes, et risque désormais la prison à vie. Il lui est en effet reproché d’avoir violé les lois qui ont été émises dès le début du conflit et qui stipulent que «la collaboration avec l’Etat agresseur, ses formations armées ou avec l’administration d’occupation» est susceptible d’être sanctionnée en tant qu’actes de collaboration, conformément au code civil ukrainien.

Tous ces gens qui ont pris la fuite nous jugent. C’est une époque cruelle.

Mais pour son avocat Mykhailo Velychko, les autorités ne prennent pas en compte la situation. «Personne ne savait quoi faire. Ils ne pouvaient pas le remettre aux forces ukrainiennes – il n'y avait pas de forces ukrainiennes dans la ville à cette époque. Et il n'y avait pas de Croix-Rouge. Et les Russes étaient partout», explique ce dernier au quotidien.

Un sentiment que partage le rabbin de la ville Yosef Itzhak Wolff,  selon qui ces lois ne sont pas adaptées à la réalité de la vie en plein conflit. «Tous ces gens qui ont pris la fuite nous jugent. C’est une époque cruelle», déplore-t-il.

Les drames de Karamalikov, membre de la communauté juive de Kherson, et du Rabbin Wolff, ont attiré le regard du Times of Israel, s'inquiétant du sort réservé aux Juifs dans Kherson.

En Allemagne lorsque les troupes ukrainiennes ont repris la ville, Yosef Itzhak Wolff s'inquiète de voir le soupçon de collaboration avec la Russie gagner en puissance. Ayant permis à des soldats russes de prier à la synagogue et organisé des transports de vivres depuis la Crimée pour la population civile, Yosef Itzhak Wolff, arrivé en Ukraine il y a près de 30 ans, n'est pas sûr de pouvoir revenir dans sa ville en toute sécurité.

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