Un candidat de la majorité se présente comme «Français de souche» dans un tract et fait polémique

Un candidat de la majorité se présente comme «Français de souche» dans un tract et fait polémique© Loïc Venance/AFP
Les affiches d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen pour le second tour de l'élection présidentielle (image d'illustration).
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Face au député sortant François Ruffin, Pascal Rifflart, candidat de la majorité présidentielle, a utilisé cette formule dans sa profession de foi électorale. Cet emprunt au vocabulaire de la droite radicale a suscité condamnations et moqueries.

Une formule étonnante, un mois après les appels de la majorité à «faire barrage à l'extrême-droite» lors du second tour de l'élection présidentielle. Dans la première circonscription de la Somme, le candidat d'Ensemble, Pascal Rifflart, se dépeint dans un tract de campagne comme un «Français de souche», une expression plus souvent employée dans les rangs de la droite radicale. «J'ai un attachement profond à mon pays, à sa terre et à ses habitants», poursuit le candidat, médecin de profession, qui affrontera notamment le sortant François Ruffin (La France insoumise) le 12 juin.

L'emprunt a vivement fait réagir à gauche : «Français de souche ? Tu fais fort là quand même !», s'est exclamé Jean-Claude Renaux, élu de gauche à la métropole d'Amiens, sur Twitter. «Il y a longtemps que je n'ai pas vu un responsable politique revendiquer ce titre», a-t-il ajouté, jugeant le choix de la formule «surprenant».

Le président du parti radical de gauche, Guillaume Lacroix, a attaqué avec virulence Pascal Rifflart : «Français de souche peut être. Racoleur d’extrême-droite sans doute. Abject certainement», a-t-il condamné, l'accusant de préférer le «séparatisme».

«Du barrage à la passoire...», a de son côté ironisé la députée LFI Clémentine Autain, voyant dans ce choix de vocabulaire une concession à la droite radicale. «Ce gouvernement ne combat pas l’extrême-droite, il reprend ses idées !», a surenchéri Thomas Portes, candidat de la Nupes en Seine-Saint-Denis.

Françoise Degois, éditorialiste à LCI et Sud Radio, a pour sa part exprimé sa perplexité : «Je veux bien que la fin justifie les moyens pour battre François Ruffin, mais de tels clins d’œil à l’extrême-droite que Macron pourfend officiellement bec et ongles, c’est absolument délirant», a-t-elle dénoncé, suggérant au candidat de revoir son texte.

Du côté du Rassemblement national, le texte de Pascal Rifflart a fait réagir Jean-Michel Cadenas, membre du conseil national du parti de Marine Le Pen. «Je croyais que ce terme était "proscrit" par la bien-pensance !», a-t-il moqué, suggérant que le candidat de la majorité «s’est probablement trompé de parti».

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