Le sabotage de fibres optiques perturbe Internet dans plusieurs grandes villes : que sait-on ?

- Avec AFP

Le sabotage de fibres optiques perturbe Internet dans plusieurs grandes villes : que sait-on ?© Fred TANNEAU / AFP
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Des actes de malveillance d'une ampleur sans précédent sur le réseau national de fibre optique ont entraîné ce 27 avril des ralentissements et des coupures d'accès à internet dans plusieurs grandes villes françaises. Voici ce que l'on en sait.

A Grenoble, Besançon, Reims et Strasbourg notamment, des ralentissements et des coupures d'accès à internet ont été constatés ce 27 avril selon l'AFP, à la suite d'actes de malveillance sur le réseau français de fibre optique. «Des coupures de câbles ont été confirmées en Ile-de-France impactant le réseau fixe et mobile», a également tweeté à la mi-journée le secrétaire d’Etat au numérique Cédric O.

«Ce genre d'incident de cette ampleur, ça n'arrive jamais», a déclaré à l'AFP une source proche du dossier. «C'est la première fois, et on ne sait pas qui c’est, pour l’instant», a-t-elle poursuivi, indiquant que des dispositifs de surveillance avaient été mis en place pour éviter que cela n'arrive ailleurs.

Le site Zone ADSL a recensé 9 156 pannes sur l'internet fixe en France ces dernières 24 heures, perturbant majoritairement les clients de l'opérateur Free et dans une moindre mesure SFR.

«Les attaques ont eu lieu cette nuit à 4h. Depuis ce matin, les équipes sont mobilisées», a déclaré à l'agent de presse l'opérateur Free, qui espère que le réseau sera «rétabli dans la journée».

Plusieurs de ses clients se sont plaints sur Twitter de n'avoir plus aucun débit internet via leur Freebox après une coupure survenue dans la nuit.

«Trois des quatre artères de Free», appelées «backbone» et qui constituent «la colonne vertébrale de leur réseau ont été vandalisées», ont indiqué d'autres sources à l'AFP.

SFR a de son côté confirmé «plusieurs coupures de fibre» autour de Lyon et en Ile-de-France, confirmant la piste du vandalisme.

«Terrorisme numérique ?»

Selon les premières constatations, rapporte l'agence de presse, ce sont des câbles «longue distance» inter-régionaux en fibres optiques qui passent le long des autoroutes, des voies ferrées et voies navigables, qui ont été sectionnés volontairement en plusieurs lieux, notamment la liaison Paris-Lyon et Paris-Strasbourg.

«Les équipes sont sur le pont [et les] travaux sont en cours», a encore indiqué SFR, qui gère plusieurs «fourreaux» de fibres optiques utilisés notamment par Free et des opérateurs alternatifs. En revanche, leur concurrent Bouygues Telecom «n'utilise pas les liens concernés par ces dysfonctionnements et les services mobiles et fixes sont assurés normalement», a déclaré le groupe à l'AFP. Orange n'est pas non plus concerné par les coupures, selon un porte-parole de l'entreprise.

Colonne vertébrale d'un réseau internet, le «backbone» sert à interconnecter le trafic internet entre différentes zones géographiques grâce à des fibres à très haut débit. Une coupure peut toutefois être contournée grâce à l'interconnexion des réseaux et les opérateurs peuvent ainsi fournir un service, quoique dégradé.

A cette heure, selon l'AFP, l'origine de ces actes de sabotage demeure inconnue.

«Est-ce qu'il s'agit d'un acte de terrorisme numérique ? Peut-être. Il y a eu là un impact majeur car la coordination des attaques sur les câbles a été bien faite, par de gens qui inévitablement connaissent le réseau», estime auprès de l'AFP Nicolas Guillaume, dirigeant de l'opérateur alternatif dédié aux professionnels Netalis. Celui-ci, qui entend déposer plainte, a subi «soit des ralentissements [du trafic] très forts, soit de rares interruptions de service pendant un peu plus de deux heures»" sur la région Bourgogne-Franche-Comté.

En mars 2020, des câbles télécoms avaient été intentionnellement coupés en Ile-de-France, à Vitry et et à Ivry (Val-de-Marne), privant momentanément d'accès à internet des dizaines de milliers d'abonnés d'Orange tandis que des centres de données voyaient leurs activités perturbées. Une plainte avait déposée et une enquête ouverte, mais l'une des parties au dossier a indiqué mercredi à l'AFP n'avoir eu «aucune nouvelle des autorités» à ce sujet.

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