Le sénateur RN Stéphane Ravier rallie Eric Zemmour et fustige le «manque de combativité» de Le Pen

- Avec AFP

Stéphane Ravier et Eric Zemmour à Marseille le 27 novembre 2021.© Nicolas TUCAT Source: AFP
Stéphane Ravier et Eric Zemmour à Marseille le 27 novembre 2021.
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Stéphane Ravier a annoncé son ralliement à Eric Zemmour. Le sénateur RN reproche à Marine Le Pen son manque de «combativité» et de «niaque» ainsi que ses compromissions sur l'immigration et l'islam.

C'est une nouvelle prise de guerre pour Eric Zemmour. L'unique sénateur du Rassemblement national, Stéphane Ravier, membre de longue date du parti, a annoncé le 13 février son ralliement à Eric Zemmour à moins de deux mois du premier tour de la présidentielle. «Elles [mes idées] ne sont plus portées par Marine Le Pen et elles sont portées par Eric Zemmour. A partir de là, il est évidemment cohérent, logique, de soutenir Eric Zemmour», a déclaré l'élu des Bouches-du-Rhône sur Europe1/Les Echos/CNews.

Selon des informations de BMFTV, Stéphane Ravier deviendrait «responsable à Marseille» au sein du parti d'Eric Zemmour. Il a néanmoins précisé que son parrainage irait à Marine Le Pen, pour «solde de tout compte», mais qu'il «quittait le RN» où il militait depuis «30 ans».

Stéphane Ravier, qui avait accompagné Eric Zemmour lors d'une visite chahutée à Marseille fin novembre, a salué chez le candidat de Reconquête un «vrai rassembleur», évoquant un «retour aux sources» de l'ancien président du FN (devenu RN) Jean-Marie Le Pen. Il a sévèrement critiqué Marine Le Pen qui, selon lui, «manque de combativité», «n’a plus la niaque» et est «en permanence en train de composer, de reculer avant d’être élue», sur l'immigration ou l'islam.

Ce proche de Marion Maréchal, qui «penche» désormais pour Eric Zemmour, a fustigé la «non-gestion» du parti qui «n'a que faire de l'implantation locale» et a pris «l'habitude» de «couper les têtes de tous ceux qui n’ont pas mis un genou devant Marine Le Pen», autant de critiques qui avaient surgi au sein du mouvement après l'échec du RN aux élections régionales en juin 2021. Stéphane Ravier avait pressé le 9 février Marine Le Pen de «clarifier la situation» de son parti à Marseille, qui s'est déchiré autour d'un parrainage en faveur d'Eric Zemmour.

Les relations entre Stéphane Ravier et la direction du RN se sont fortement détériorées suite au départ d'un proche de Marine Le Pen du groupe RN siégeant au conseil municipal de Marseille et dirigé par le sénateur. Franck Allisio, vice-président du groupe RN à Marseille, porte-parole du RN et conseiller de Marine Le Pen, a annoncé le 1er février son départ avec trois autres élus du groupe municipal RN, en raison du maintien dans ce dernier d'une élue RN (exclue depuis) Sophie Grech, qui a donné son parrainage à Eric Zemmour pour la présidentielle. Or, Stéphane Ravier souhaitait la conserver dans le groupe municipal.

Appel à une union de la «grande famille nationale»

Même s'il assure qu'Eric Zemmour «sera au second tour», le sénateur a laissé entendre qu'il pourrait voter Marine Le Pen face à Emmanuel Macron. «Je voterai pour la France bien sûr». Il n'a pas caché être dans l'optique d'une recomposition de son camp au-delà de la présidentielle. «Mon temps politique ne s’arrête pas au 24 avril», date du second tour, et après ce scrutin «il va bien falloir à un moment donné que nous discutions […], que la grande famille nationale se réunisse», a-t-il affirmé, alors qu'Eric Zemmour promeut «l'union des droites» entendue comme la réunion de la droite nationaliste et d'une partie de la droite classique.

Quelle que soit l'issue de la présidentielle, «cette élection aura des conséquences politiques sur la recomposition du groupe de pensée des nationaux», a récemment affirmé à l'AFP Jean-Marie Le Pen, qui soutient sa fille, mais dont le conseiller historique Lorrain de Saint Affrique votera pour Eric Zemmour. «Le problème n’est pas de bâtir le futur parti mais de changer l’avenir de nos enfants le plus vite», a jugé pour sa part le 11 février l'ancien ministre sarkozyste Thierry Mariani, qui soutient Marine Le Pen, mais est cité parmi les personnalités tentées par un ralliement à Eric Zemmour, pour lequel il ne cache pas sa «sympathie».

Eric Zemmour est en train de se recréer un plafond de verre dont nous avons réussi à nous débarrasser

Le président du RN Jordan Bardella a minimisé ce même 13 février ce nouveau départ, après celui de trois eurodéputés et plusieurs conseillers régionaux. Il s'agit d'une «dizaine d'élus» sur 1 000 environ, «cela fait partie des péripéties de campagne», a-t-il déclaré sur RTL/LCI/Le Figaro, saluant même «une clarification» par des «amoureux de la provocation» et des partisans d'une «ligne peut-être plus brutale que celle du RN». Or cette ligne «ne permet pas de gagner une présidentielle», qu'Eric Zemmour «n'a aucune chance de remporter», a jugé le chef par intérim du RN. «Eric Zemmour est en train de se récréer un plafond de verre dont nous avons réussi à nous débarrasser», a-t-il ajouté. 

Marine Le Pen avait elle-même souhaité que «ceux qui veulent partir partent» dès «maintenant», lors d'un déplacement à Madrid avec l'eurodéputé Nicolas Bay, cité lui aussi parmi les élus tentés par Eric Zemmour.

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