«Le drapeau national n'est pas synonyme de nationalisme chauvin», selon Jean-Luc Mélenchon

«Le drapeau national n'est pas synonyme de nationalisme chauvin», selon Jean-Luc Mélenchon© OLIVIER CHASSIGNOLE
Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting à Châteauneuf-sur-Isère, près de Valence, le 29 août 2021 (image d'illustration).
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Jean-Luc Mélenchon a affirmé dans un entretien avec la revue Ballast que «la nation est aujourd'hui l'horizon de la souveraineté populaire», défendant au passage la symbolique du drapeau national, à la fois «démocratique et dégagiste» selon lui.

L'esquisse d'un retour à la stratégie insoumise de 2017 ? Le candidat LFI à la présidentielle 2022 Jean-Luc Mélenchon a défendu la symbolique de la nation, au cours d'un entretien avec la revue Ballast publié le 14 janvier. «La nation est aujourd'hui l'horizon de la souveraineté populaire», y affirme le député des Bouches-du-Rhône.

Dans cette interview, après avoir défini les contours d'«une phénoménologie de la révolution citoyenne» dont émergerait un groupe qui «se désigne lui-même comme "peuple"», le tribun de gauche explique que ce type de mouvement se cherche toujours un symbole rassembleur, et selon lui, «le peuple auto-désigné mobilise systématiquement le drapeau national».

«Rien à voir» avec du nationalisme, poursuit-il. «J'invite mes camarades d'extrême gauche à briser le mur qu'ils ont eux-mêmes construit. Le drapeau national n'est pas synonyme de nationalisme chauvin. C'est une confusion. Je vous mets au défi de trouver un rassemblement populaire à portée révolutionnaire où l'on ne trouve pas, du Soudan à l'Amérique latine, le drapeau national. Le peuple s'empare du drapeau national pour dire aux dirigeants : "Nous sommes le pays, pas vous." Une autre façon de dire "Tout est à nous". C'est un symbole démocratique et dégagiste», développe le candidat, qui participe à sa troisième campagne présidentielle.

«Nous avons un drapeau et un hymne issus d'une révolution populaire», souligne Mélenchon

En 2017, le leader des Insoumis avait dénoté au sein des prétendants à gauche par la forte présence de drapeaux français dans ses meetings, une volonté de son équipe de campagne qui les distribuait aux militants. Or la bannière tricolore n'était plus vraiment un emblème des rassemblements à gauche, car associée par certains au conservatisme, même si Ségolène Royal en 2007 et François Hollande en 2012 l'avaient réintroduite dans leurs campagnes respectives. 

En 2012, les sympathisants de Mélenchon arboraient essentiellement des drapeaux du Front de gauche au cours de ses allocutions publiques. Dans la même veine, l'ancien sénateur entonnait La Marseillaise à la fin de ses meetings en 2017, alors qu'il chantait surtout L'Internationale en 2012, plus rarement l'hymne français. Mais depuis 2017, l'ancien ministre socialiste s'était fait plus discret sur les symboles nationaux, évoquant avant tout dans ses interventions des marqueurs propres à la gauche. Jusqu'à cet entretien dans Ballast.

Partant de ce constat sur le drapeau, Jean-Luc Mélenchon y affirme que «la nation est aujourd'hui l'horizon de la souveraineté populaire». Un concept qu'il assimile à la notion de République. «Le sentiment patriotique dont je me réclame est celui-ci : il est lié à l'idée républicaine, à l'idée de la souveraineté populaire comme pierre angulaire de la nation. En France, plus qu'à d'autres endroits, il est facile d'identifier le projet national à notre camp. Nous avons un drapeau et un hymne issus d'une révolution populaire. Notre devise dit "Liberté, Egalité, Fraternité". La nation, chez nous, procède de la République – et non l'inverse», ajoute-t-il.

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