France : un camp des manifestants contre le barrage de Sivens dispersé par la police (VIDEO)

La police a dispersé un camp de manifestants et arrêté 15 personnes mobilisées contre le barrage de Sivens dans le sud de la France. Les écologistes expulsés par les autorités occupaient le site depuis 2013.

Alors que le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a ordonné à la police de disperser les campeurs, le Premier ministre Manuel Valls a dit que les autorités seraient «extrêmement fermes» avec tous ceux qui manifesteraient leur opposition en dehors du cadre légal.

Le site occupé par des militants écologistes et «zadistes» depuis octobre 2013 a fait les grands titres de la presse internationale après que le jeune Rémi Fraisse y a laissé sa vie dans  d’une grenade offensive en octobre 2014. Sa mort a démultiplié les manifestations dans tout le pays. Les militants, qui ont essuyé leur deuxième expulsion en mai dernier, n’ont pas cédé aux coups de force et sont revenus sur les lieux.

Le conseil général du Tarn, par une délibération en date du 6 mars, a décidé de remplacer le projet de réservoir original par un autre plus petit. La décision fait écho aux recommandations d’un rapport d’experts publié en janvier préconisant de revenir à l’envergure originale du projet devant les risques écologiques et l’ampleur de la contestation.

L'annonce du conseil général a convaincu quelques dissidents de quitter le camp dans la matinée à condition que la  les protège de la contre-manifestation des agriculteurs qui soutiennent le barrage.

Certains agriculteurs locaux sont favorables au barrage dans l’espoir de voir leurs cultures intensives bénéficier d’une plus grande irrigation.

Les opposants au projet dénoncent les sequelles qu’il pourrait laisser sur l’environnement au regard, notamment, de la destruction de plusieurs hectares de zones humides.

L’évacuation du camp dans la journée du 6 mars a nécessité le concours de 300 agents de police. Vers 14 heures, les militants les plus déterminés se dressaient encore sur le chemin des forces de l'ordre en se regroupant autour d’une tombe symbolique de Rémi Fraisse. La police, selon le Monde, a dû arrêter 15 personnes pour mener à bien l’opération. Des tours d’observation de 10 mètres érigées par les activistes ont permis à certains d’entre eux de de lui opposer une résistance passive.

Une fois le site vidé de ses occupants, trois camions à benne et un bulldozer ont sillonné le camp, procédant à la démolition systématique des cabanes et des pavillons assemblés dans le cadre du mouvement. Un huissier de justice est venu chiffrer les dégâts. La police, qu’on a chargé de prévenir toute nouvelle occupation, est restée sur les lieux.

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