13 Novembre : Valls attaque Arte pour «diffamation publique» après la diffusion d'un documentaire

13 Novembre : Valls attaque Arte pour «diffamation publique» après la diffusion d'un documentaire© Ludovic Marin Source: Reuters
L'ancien Premier ministre français Manuel Valls arrive pour le 34e dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF - Conseil représentatif des institutions juives de France) le 20 février 2019, au Carrousel du Louvre à Paris.
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Premier ministre lors des attentats du 13 novembre 2015, Manuel Valls a été accusé par un intervenant d'un documentaire d'Arte d'avoir fait valoir ses intérêts personnels lors de l'intervention des forces de l'ordre. Il a annoncé porter plainte.

Dénonçant une mise en cause «aussi violente qu’odieuse sur la chaîne», l'ancien Premier ministre Manuel Valls a annoncé sur Twitter porter plainte contre Arte pour «diffamation publique envers une personne publique». En cause, le contenu d'un documentaire sur les attentats du 13 novembre 2015 intitulé «Les ombres du Bataclan». «Il [y] est affirmé que j’aurais privilégié comme Premier ministre des intérêts électoraux au détriment de l’efficacité des interventions des forces de l’ordre lors de la nuit des attentats du 13 novembre 2015», dénonce l'intéressé.

«Cela revient à m'imputer un cynisme quasi diabolique puisque je n'hésiterais pas à sacrifier des vies humaines sur l'autel d'un tortueux calcul électoral», s'indigne l'ex-locataire de Matignon, ajoutant que «ces propos dépassent largement les limites admissibles de la liberté d'expression».

Dans un dernier message sur Twitter, Manuel Valls estime que ces affirmations «d'une violence inouïe, formulées sans aucun souci d'exactitude et sur lesquelles il ne m'a pas été permis de répondre précisément», caractérisent le délit de «diffamation publique envers une personne publique».

Valls reçoit le soutien de Darmanin et Castaner

Début septembre, Arte avait diffusé un documentaire traitant des dysfonctionnements des autorités au moment des attentats de 2015. La parole y était notamment donnée à Manuel Valls, alors Premier ministre de François Hollande, ainsi qu'à Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur de l'époque. Un ancien officier du renseignement accusait l'ancien Premier ministre d'avoir pris certaines décisions non en fonction de l'intérêt général, mais parce qu'il «visait clairement le poste de président de la République» et avait «besoin de s'accaparer les bonnes grâces au sein des policiers».

«Selon cette personne, j'aurais privilégié l'intervention de la BRI (Brigade de recherche et d'intervention) le soir du 13 novembre car je serais, selon elle, proche de leur patron. Je lui aurais fait cette faveur pour qu'il m'aide ensuite pour la présidentielle. C'est absurde, et grave de dire que j'aurais favorisé la BRI pour des raisons électorales. J'aurais eu un esprit diabolique à avoir des intérêts en fonction de qui intervenait», a commenté Manuel Valls auprès du Figaro ce 16 septembre. Contactée par le quotidien, Arte n'a pas encore réagi.

L'actuel ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a fait part de son soutien envers l'ancien Premier ministre. «Chacun sait l’engagement total de Manuel Valls comme ministre de l’Intérieur puis comme Premier ministre durant cette période dramatique. Il a évidemment tout mon soutien», a écrit le ministre sur Twitter. «En responsabilité, ayant eu l’honneur d’occuper la fonction de ministre de l’Intérieur, je sais combien cette mise en cause est sans fondement, contraire à la vérité et à l’action du gouvernement alors en exercice», a également commenté le chef de la majorité LREM à l'Assemblée nationale Christophe Castaner.

Invité le 6 septembre sur Europe 1, Bernard Cazeneuve avait quant à lui déclaré : «Quand on sait à quel point nous étions dévastés les uns et les autres, dire des choses de cette nature, les laisser diffuser, ne peut pas produire d'autres effets qu'une forme de nausée.» Avant d'ajouter : «C'est abject de dire des choses comme ça.»

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