Accusée de harcèlement moral, la sénatrice EELV Esther Benbassa exclue du groupe écologiste

- Avec AFP

Accusée de harcèlement moral, la sénatrice EELV Esther Benbassa exclue du groupe écologiste© Thomas Samson Source: AFP
Esther Benbassa à Paris le 12 mai 2018 (image d'illustration).
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Prenant notamment appui sur le fait qu'elle n'avait «pas contredit une partie des témoignages» l'accusant de harcèlement moral, le groupe Ecologiste, Solidarité et Territoires au Sénat a décidé d'exclure Esther Benbassa à compter du 15 septembre.

La sénatrice EELV Esther Benbassa, accusée dans une enquête de harcèlement moral à l'encontre de ses collaborateurs, a été exclue par son groupe au Sénat. «Après avoir entendu la sénatrice et en conformité avec leur règlement intérieur, les sénateur.trice.s (sic) ont décidé d’exclure Esther Benbassa du groupe parlementaire à compter du 15 septembre», précise le groupe Ecologiste, Solidarité et Territoires, dans un communiqué.

«Mme Benbassa n’a pas contredit une partie des témoignages et elle n’a, à ce jour, pas jugé opportun de porter plainte en diffamation contre ces accusations», fait-il valoir pour justifier sa décision.

Les sénateurs du groupe «regrettent que la justice ne soit pas saisie pour des faits d’une telle nature» mais «ne remettent pas en cause [les] témoignages [des collaborateurs] et prennent toute la mesure des difficultés que représente souvent l'engagement de poursuites judiciaires».

Ils «réitèrent tout leur soutien à celles et ceux qui ont témoigné d'une grande souffrance au travail», continuent «de travailler sur la prévention du harcèlement moral et sexuel au travail», et mènent «une réflexion plus large sur le sujet avec les élu.e.s, les collaborateur.trice.s (sic) et les syndicats».

Esther Benbassa a fait part dans un autre communiqué de son «exclusion» du groupe, dont elle a été la vice-présidente et dont elle s'était mise en retrait depuis début juillet. La sénatrice associe cette décision à un «simulacre de procédure interne» et à une «sommation de répondre aux accusations anonymes relayées par un article de presse».

La décision a été prise «sans transmission de pièces à charge ou à décharge, sans audition de témoins ou de victimes présumées, en violation des dispositions du règlement intérieur du groupe et du principe de présomption d’innocence», déplore l'élue de Paris. Dans son enquête, Mediapart rapporte les témoignages de huit anciens collaborateurs et six anciens étudiants que l'élue employait à l'Ecole pratique des hautes études.

Tous évoquent un climat de «terreur» instauré par la sénatrice, fait de pressions, de chantage à l'emploi et d'humiliations systématiques, souvent à l'occasion de mails, individuels ou collectifs, et de SMS consultés et retranscrits en partie par Mediapart. Conséquence de cette gestion, le turn-over des collaborateurs a été très important, puisque plus de 18 assistants parlementaires ont été employés en deux mandats, décompte Mediapart.

Dans un communiqué de «soutien aux victimes de harcèlement», le syndicat CGT des collaborateurs parlementaires avait souligné que «la profession, du fait de son lien avec la politique et les rapports de pouvoir, est bien souvent trop entachée par ce type de violence».

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