«Laxisme», «faillite» : l'opposition critique l'exécutif après l'assassinat d'un prêtre en Vendée

«Laxisme», «faillite» : l'opposition critique l'exécutif après l'assassinat d'un prêtre en Vendée© Thierry ZOCCOLAN / AFP
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Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin lors d'une cérémonie en hommage à trois gendarmes, à Ambert le 22 juillet 2021 (illustration).
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De nombreuses figures politiques ont dénoncé le «laxisme» de l'Etat après le meurtre d'un prêtre en Vendée. Le principal suspect, qui s'est dénoncé auprès de la gendarmerie, est également le présumé incendiaire de la cathédrale de Nantes en 2020.

Dès l'annonce par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin du «dramatique assassinat» d'un prêtre en Vendée ce 9 août, de nombreux responsables de l'opposition ont dénoncé sur les réseaux le «laxisme» et la «faillite» de l'Etat, alors que le principal suspect, qui s'est rendu en milieu de matinée à la gendarmerie pour se dénoncer, est aussi le présumé incendiaire de la cathédrale de Nantes en juillet 2020. 

«En France, on peut donc être clandestin, incendier la cathédrale de Nantes, ne jamais être expulsé, et récidiver en assassinant un prêtre. Ce qui se passe dans notre pays est d'une gravité sans précédent : c'est la faillite complète de l'Etat et de Gérald Darmanin», a affirmé la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen. «Quelle indignité» a aussitôt réagi le ministre de l'Intérieur, selon qui «madame Le Pen polémique sans connaître les faits : cet étranger n'était pas expulsable malgré son arrêté d'expulsion tant que son contrôle judiciaire n’était pas levé».

L'eurodéputé RN Gilbert Collard, en direct sur LCI, a réagi en affirmant qu'«un homme politique est là pour permettre au prêtre de vivre l'Évangile sans risquer sa peau». «La question, c'est de savoir si le politique remplit ses objectifs. Je crains que non», a ajouté l'avocat de profession.

Toujours du côté du RN, le porte-parole du parti Sébastien Chenu, a jugé que «chaque jour, notre pays [s'enfonçait] un peu plus». L'eurodéputé RN Jérôme Rivière a quant à lui estimé que «le laxisme de Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti [tuait]». Jérôme Rivière a par ailleurs dressé un parallèle avec l'actualité autour du pass sanitaire, qualifiant d'«effarant [...] que des Français qui boivent un verre en terrasse soient plus contrôlés qu’un migrant rwandais sous le coup d’une procédure d’expulsion depuis 2019». 

Le leader de Patriotes Florian Philippot, tête de file de la contestation de l'extension de ce certificat, a réalisé la même mise en perspective en commentant l'assassinat du prêtre vendéen.

Le président d'honneur du Rassemblement national Jean-Marie Le Pen a jugé de son côté que «la pente de la décadence accélérée, morale et spirituelle, va finir par conduire à la loi du talion, en lieu et place de la charité chrétienne».

Un crime «qui frappe au cœur les catholiques à quelques jours de l’Assomption»

Au sein de la droite traditionnelle, l'argumentaire sur le laxisme supposé de l'Etat est le même : «Cet homme n'aurait jamais dû entrer en France et encore moins y rester après l'incendie de la cathédrale de Nantes. [...] Nous avons sous les yeux les conséquences de nos lâchetés et nos aveuglements», a estimé le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez.

Le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a pointé «le laxisme de ce pouvoir et de son prédécesseur socialiste» et le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, qui «connaissait bien» la victime, a demandé ce «que faisait encore cet individu en France ?» Le député LR de l'Yonne Guillaume Larrivé a lui dénoncé un «épouvantable échec de l'Etat». Pour la maire du 7e arrondissement de Paris Rachida Dati, «comment ne pas s’interroger sur le contrôle judiciaire du suspect» ?

Toujours à droite, chez les plus modérés, la candidate à la présidentielle Valérie Pécresse s'est dite «bouleversée», tandis que son ancien collègue chez LR Xavier Bertrand, lui aussi candidat, a fait part de son «effroi» après ce meurtre «qui frappe au cœur les catholiques à quelques jours de l’Assomption», le 15 août.

Le père Olivier Maire a été assassiné victime de sa générosité

A gauche, les réactions ont mis plus de temps à arriver. Elles sont finalement venues de la part de quelques figures sous forme de soutien aux coreligionnaires du prêtre assassiné, à l'image de la réaction du député communiste et candidat à la présidentielle Fabien Roussel, qui a adressé «toutes [s]es pensées pour ses proches et pour nos compatriotes catholiques».

L'ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls a employé les mêmes mots que l'élu PCF, qualifiant le drame de «terrible et incompréhensible». Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a lui rendu «hommage au père Olivier Maire qui aurait sans doute détesté que son assassinat nourrisse la polémique».

Plus tard dans l'après-midi, le député et leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a demandé «pourquoi le criminel, un incendiaire de cathédrale, n'était-il pas suivi de près pour son évident grave dérangement mental ?»

En outre, Vincent Neymon, secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France, a exprimé auprès de l'AFP sa «stupéfaction et profonde tristesse». Selon lui, le prêtre était le «provincial», le responsable national pour la France de la congrégation des Missionnaires montfortains, très orientée sur la charité et l'hospitalité. «Le père Olivier Maire a été assassiné victime de sa générosité», a aussi écrit le délégué épiscopal à l'information du diocèse de Rennes.

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