Pollution au large de la Corse : des résidus d'hydrocarbures atteignent la côte

- Avec AFP

Pollution au large de la Corse : des résidus d'hydrocarbures atteignent la côte© Pascal POCHARD-CASABIANCA Source: AFP
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Des pompiers et des civils en train de ramasser les galettes d'hydrocarbures la plage Scaffa Rossa à Solaro le 14 juin.
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Repérée depuis le 11 juin, une pollution probablement due au dégazage sauvage d’un navire a atteint la plage de Solaro en Corse le 14 juin. Le parquet de Marseille, compétent en matière de pollution maritime, a ouvert une enquête.

En combinaisons blanches, des pompiers ont ramassé le 14 juin de petites galettes d'hydrocarbures sur une plage de l'est de la Corse, trois jours après la découverte d'un probable dégazage au large d'un navire toujours recherché par les enquêteurs.

Depuis le repérage de cette pollution, le 11 juin, lors d'un exercice militaire aérien au large de la Corse, des moyens aériens, maritimes et terrestres ont été engagés pour tenter de nettoyer les résidus d'hydrocarbures, alors que débute la saison touristique sur l'Ile de Beauté. Le 14 juin, des hélicoptères ont poursuivi la traque des nappes huileuses en mer.

Les boulettes d'hydrocarbures échouées sur la plage de Solaro, à la limite de Solenzara, station balnéaire de la côte orientale, ont été signalées le 13 juin au soir aux autorités. «Ça ressemble à des petites pierres noires, rien de bien important et imposant. Par contre, il y en avait énormément sur la plage», a indiqué le 14 juin à l'AFP Ange-Toussaint Gambini, chef de section de la Sécurité civile de Corte (Haute-Corse).

Pollution au large de la Corse : des résidus d'hydrocarbures atteignent la côte© Pascal POCHARD-CASABIANCA
Pompiers et civils parcourant la plage de Solaro pour ramasser les galettes d'hydrocarbures, le 14 juin 2021.

Les zones polluées étaient quadrillées et interdites d'accès par les gendarmes, notamment l'entrée d'un camping donnant sur la plage. Vers 12h, tous les résidus avaient été retirés, a annoncé la préfecture de Haute-Corse sur Twitter. 

Présent sur les lieux, le préfet François Ravier a annoncé à l'AFP une «surveillance de toutes les plages, au-delà de celle de Solaro sur un linéaire de 30 kilomètres», rappelant que l'accès aux plages et la baignade étaient interdits dans les communes du sud de la Haute-Corse.

Une enquête ouverte par le parquet de Marseille

En mer, la surveillance reste active, au moyen de deux hélicoptères de la sécurité civile et de la gendarmerie, d'un avion de la Marine nationale et de cinq bateaux qui seront rejoints par un remorqueur d'Ajaccio dans la journée. «Ce matin nous avons vu des tâches huileuses et des micro-boulettes qui demandent des investigations», a informé à la mi-journée du 14 juin la préfecture maritime.

Pollution au large de la Corse : des résidus d'hydrocarbures atteignent la côte© Pascal POCHARD-CASABIANCA Source: AFP
Résidus d'hydrocarbures sur la plage de Solaro le 21 juin 2021.

Les nappes repérées au début de l'épisode de pollution dérivent toujours vers le Sud, a ajouté la même source, «et on a l'impression qu'on va devoir se rapprocher des côtes». «On récupère tout ce qu'on voit émerger, mais une partie de la pollution peut être entre deux eaux ou au fond de la mer», a détaillé la préfecture maritime.

Une tortue, qui n'était pas polluée mais «fatiguée», a été récupérée dans la zone. 

Une enquête a été ouverte par le parquet de Marseille, compétent pour les affaires de pollution maritime sur le littoral méditerranéen français, qui assuré le 14 juin dans un communiqué que tout était «mis en œuvre pour identifier le commandant et la compagnie responsables de cette pollution». 

Selon le parquet, «le criblage a permis d’identifier un certain nombre de navires suspects et les vérifications sont en cours». 

Le 12 juin sur Twitter, Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse, a demandé de «sanctionner lourdement les auteurs et responsables» de cette pollution.

Dans le passé, plusieurs commandants de bateau ayant procédé à des dégazages sauvages en Méditerranée ont été sanctionnés. En 2016, la justice avait condamné à une amende de 500 000 euros la Compagnie tunisienne de navigation pour un dégazage en Méditerranée, commis en 2009, par l’un de ses ferries. En 2008, le capitaine italien d'un vraquier, qui avait procédé à un dégazage sauvage au sud de Toulon dans les eaux territoriales françaises en 2003, avait même été condamné à six mois de prison avec sursis.

Fin 2018, des plages du Var avaient été lourdement polluées par des hydrocarbures après la collision de deux navires au large de la Corse.

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