Cyberharcèlement, menaces de mort : 13 suspects jugés dans l'affaire Mila

- Avec AFP

Cyberharcèlement, menaces de mort : 13 suspects jugés dans l'affaire Mila© Philippe HUGUEN Source: AFP
Logo de la plateforme PHAROS (Plateforme d'Harmonisation, d'Analyse, de Recoupement et d'Orientation des Signalements), outil de lutte contre les contenus et comportements illégaux en ligne, Lille, janvier 2018 (image d'illustration).
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Treize suspects sont jugés à partir de ce 2 juin et encourent jusqu'à trois ans de prison pour avoir harcelé et menacé de mort la jeune Mila après ses prises de position contre l'islam sur les réseaux sociaux.

Des vidéos devenues virales, suivies d'un déferlement de haine en ligne : treize personnes doivent être jugées ce 2 juin à Paris pour avoir participé au harcèlement de l'adolescente Mila, parfois accompagné de menaces de mort, après sa publication d'une vidéo polémique sur l'islam. 

Les prévenus, âgés de 18 à 30 ans, sont tous renvoyés devant le tribunal correctionnel pour harcèlement en ligne. Dix d’entre eux comparaissent également pour «menaces de mort» ou «menace d’un autre crime».

Deux d'entre eux ont formulé des demandes de renvoi qui seront examinées à l'ouverture de l'audience le 8 juin à 13h30, a-t-on appris auprès de plusieurs avocats.

«Ce procès est celui de la terreur numérique qui déchaîne des meutes sexistes, homophobes, intolérantes contre une adolescente», estime auprès de l'AFP Richard Malka, l'avocat de Mila, victime de raids sur Internet après deux vidéos sur l'islam en janvier puis novembre 2020.

La jeune femme, qui vient de fêter ses 18 ans et qui publie le 23 juin un livre sur cette affaire, sera présente à l'audience, a fait savoir Richard Malka. 

Pour l'avocat, qui rappelle que Mila n'a fait «qu'exercer un droit», celui de blasphémer, le procès est aussi «celui de 13 personnes, sans histoire, qui, cachées derrière leur écran et leur pseudonyme, ont souhaité broyer le crâne et lacérer le corps d'une mineure devenue leur bouc émissaire».

«Sur plusieurs milliers de tweets, on a identifié quelques-uns [des auteurs] et ce sont ceux-là qui sont poursuivis [...] On fait assumer à celui qui a fait un tweet la totalité des menaces des autres», s'inquiète de son côté Gérard Chemla, l'avocat d'un des prévenus. 

Ce dernier a, selon son conseil, eu «une réaction assez sotte et épidermique, comme il y en a tous les jours sur Twitter. Mon client est complètement dépassé par cette affaire là», assure encore l'avocat. 

De nouvelles menaces en novembre 2020

Contrainte en janvier 2020 de quitter son établissement après une première vidéo où elle critiquait l'islam et le Coran, la lycéenne de l'Isère, sous protection policière, avait à nouveau fait parler d'elle à la mi-novembre. 

Sur le réseau social TikTok, elle avait lancé à ses détracteurs : «Et dernière chose, surveillez votre pote Allah, s'il vous plaît. Parce que mes doigts dans son trou du cul, j'les ai toujours pas sortis».

Une déclaration qui avait alors entraîné une nouvelle salve de menaces : «Qu'elle crève», «tu mérites de te faire égorger» ou «je vais te faire une Samuel Paty», du nom du l'enseignant assassiné par un islamiste en octobre 2020.

Originaires de toute la France, les prévenus avaient été placés en garde à vue en février, mars ou avril, dans le cadre d'une enquête menée par le tout nouveau pôle national de lutte contre la haine en ligne. 

Ces jeunes gens très actifs sur les réseaux sociaux et pour la plupart sans antécédent judiciaire ont en majorité reconnu être les auteurs des messages et ont déclaré les «regretter» selon l'AFP. 

Les suspects encourent deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende pour le harcèlement en ligne, trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende pour les menaces de mort. Deux personnes ont déjà été condamnées à des peines de prison pour avoir menacé de mort Mila. 

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