Entre soutien et critique, la classe politique réagit à la nouvelle tribune de militaires

Entre soutien et critique, la classe politique réagit à la nouvelle tribune de militaires© STEPHANE MAHE Source: AFP
Emmanuel Macron discute avec des militaires a Saint-Gauderic le 12 mars 2021 (image d'illustration).
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La macronie semble avoir trouvé sa ligne de défense contre une nouvelle tribune de militaires, pointant du doigt leur anonymat pouvant être synonyme de manipulation politique. D'autre représentants politiques ont eux soutenu la démarche.

La ministre des Armées Florence Parly a réagi le 10 mai à la nouvelle tribune de militaires parue publiée dans Valeurs actuelles la veille. «Elle relève d'une grossière machination politique [...] elle utilise toute la rhétorique, le vocabulaire, le ton, les références qui sont celles de l'extrême droite», a t-elle dénoncé sur BFM TV. 

De son côté, le ministre de l'Intérieur a reproché aux signataires de ne pas avoir rendu public leur noms. «Il s'agit de gens anonymes. C'est ça le courage ? D'être anonymes ?», a-t-il rétorqué alors qu'il était interrogé sur la même chaîne. «Quand on veut faire de la politique on se présente aux élections», a-t-il enchaîné avant d'envisager une manipulation politique derrière ces militaires anonymes.

«Manifestement, c'est à quelques semaines du premier tour des élections régionales et à quelques mois du premier tour de la présidentielle une grossière manœuvre d'impression qu'il y aurait ici [ou là] des radicaux qui pourraient aider le Front national [Rassemblement national] à gagner les élections», a-t-il supputé, disant qu'il n'avait «pas lu» la tribune.

Même son de cloche sur une autre antenne de la part de la ministre de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher qui s'était déjà illustrée dans la critique de la première tribune : «D'abord c'est une tribune anonyme [...] deuxième chose c'est une tribune politique. C'est un peu curieux parce que c'est assez contraire au principe de l'armée, en particulier de l'armée en service», a-t-elle déclaré sur Sud radio. La ministre a estimé que le texte s'apparentait à une «instrumentalisation politique», et reprenait les «termes de l'extrême droite et d'ailleurs les mêmes termes que le Rassemblement national». 

«Oui, si une guerre civile éclate, l’armée maintiendra l’ordre sur son propre sol, parce qu’on le lui demandera [...] Personne ne peut vouloir une situation aussi terrible, nos aînés pas plus que nous, mais oui, de nouveau, la guerre civile couve en France et vous le savez parfaitement», avertissaient notamment les signataires dans un texte chargé de reproches contre les dirigeants actuels du pays.

Les réactions politiques à la publication du nouveau texte ont été nombreuses, particulièrement à droite, où le soutien aux signataires a été fort. 

«Je suis révolté de voir que certains s'en prennent aux messagers, pour ne pas écouter le message», a notamment déclaré l'ancienne tête de liste du parti LR aux élections européennes de 2019 François-Xavier Bellamy sur CNews.

«Je suis d'accord avec chaque ligne de ce texte», a déclaré pour sa part le maire de Béziers Robert Ménard sur Twitter. 

«La nouvelle [tribune des militaires] horripile Macron, le gouvernement et des politiques peu soucieux de la France : signons-la», a appelé l'ancien frontiste, devenu chef de parti souverainiste Florian Philippot.

«Ce sont des hommes et des femmes d’honneur, d’engagement, d’amour pour la France», a fait savoir l'ancienne ministre Christine Boutin.

«La France est en péril. Ceux qui ont risqué leur vie pour notre liberté n’ont aucune leçon à recevoir de dirigeants couards», a expliqué le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan.

Mélenchon promet de «purger l'armée de ses membres factieux»

La nouvelle tribune, à l'instar de la précédente, a été critiquée par la gauche. «On ne peut pas souhaiter pour le pays de la discipline et le respect des règles et être le premier à s'en affranchir [...] quand on est militaire, on ne s'exprime pas par des tribunes, quelle que soit la tribune», a déclaré le député communiste Stephane Peu sur CNews, soulignant un «problème d'exemplarité» des signataires.

Il y a maintenant des militaires d'active qui veulent signer une tribune de manière anonyme. Ils sont factieux et lâches.

«On a bien vu avec la première tribune [...] quand on regarde le pédigrée de ceux qui ont pris l'initiative de cette tribune, ils sont tous membres du service d'ordre du Front national, militants du Front national, candidats du Front national», a-t-il dit, se disant «inquiet» du poids de «l'extrême-droite» dans l'opinion publique. 

«Que veulent ces militaires ? Le pouvoir ? Voilà plutôt le danger qui menace», a tweeté pour sa part la sénatrice EELV Esther Benbassa.

«Il y a maintenant des militaires d'active qui veulent signer une tribune de manière anonyme. Ils sont factieux et lâches. Moi je n'ai pas peur, je dis mon nom et ce que je ferai si je suis élu : purger l'armée de ses membres factieux», a réagit la veille le candidat de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon.

«Quelle est la déontologie ? Comment peut-on laisser penser que l’armée aujourd’hui serait animée par de tels sentiments et par une volonté de mettre en cause les principes mêmes de la République ?», s'est interrogé le 10 mai l'ancien président de la République François Hollande sur France Inter.

Selon BFM TV, l'Etat major émet un doute «très sérieux sur l’existence et la crédibilité des signataires», en raison notamment de l'anonymat des signataires. 

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