Violences d'ultras de l'OM : un supporter condamné à de la prison ferme, onze autres à du sursis

- Avec AFP

Violences d'ultras de l'OM : un supporter condamné à de la prison ferme, onze autres à du sursis© Eric GAILLARD Source: Reuters
Le stade Vélodrome de Marseille avant le match OM-PSG, le 7 février 2021 (image d'illustration)
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Douze supporters de l'Olympique de Marseille ont été condamnés à des peines de prison pour les violents incidents survenus au centre d'entraînement de la Commanderie fin janvier, tandis que deux autres ont été relaxés.

A l'issue d'une journée de procès pendant laquelle ils ont tenté de se justifier, douze supporters de l'Olympique de Marseille (OM) ont été condamnés le 24 février 2021 pour les violents incidents survenus au centre d'entraînement de la Commanderie fin janvier, et deux ont été relaxés.

Onze de ces jeunes hommes ont été condamnés à six mois de prison avec sursis et un douzième, qui avait déjà été condamné pour vol, a écopé de trois mois ferme aménageables. Compte tenu de leurs peines, les quatre supporters qui ont comparu détenus devaient être relâchés, et ne cachaient pas leur soulagement après plus de trois semaines de prison.

Ces condamnations sont légèrement plus clémentes que les réquisitions du procureur André Ribes, qui avait demandé 4 mois ferme pour le prévenu ayant déjà été condamné et 8 mois avec sursis pour tous les autres. «Quand vous faites ça, vous n'êtes plus des supporters», avait fustigé le magistrat pour qui l'arrivée «concertée» des manifestants à la Commanderie le 30 janvier laissait «penser que la manifestation ne [pouvait] que dégénérer».

87 000 euros de dégâts 

A quelques heures de la rencontre de l'OM contre Rennes qui sera finalement reportée, quelque 300 supporters étaient arrivés à la Commanderie, la plupart habillés de noir, capuche sur la tête. Dans le collimateur des fans échauffés par une succession de résultats sportifs décevants se trouvent des joueurs, mais surtout le président du club Jacques-Henri Eyraud, contesté depuis plusieurs mois déjà. 

Des incidents éclatent rapidement, devant le centre d'entraînement, mais aussi à l'intérieur, où quelques dizaines de supporters parviennent à pénétrer. Des bureaux sont dégradés, comme des véhicules, des portails ou des clôtures. Sept policiers sont légèrement blessés. Le club a chiffré le coût des dégradations à au moins 87 000 euros, selon un de ses avocats. La question des 140 000 euros au titre de préjudice moral réclamé par l'OM a été renvoyée mercredi au 25 juin par la présidente du tribunal.

Âgés de 19 à 37 ans, les 14 supporters originaires de toute la France – et pas seulement de Marseille – encouraient 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende. Pendant des heures, ils ont tenté de se justifier le 24 février dans une série de dialogues de sourds avec la présidente.

«Je ne pensais pas que ça allait dégénérer autant, j'ai suivi bêtement, comme un âne», a assuré Mehdy, un chômeur de 25 ans en polaire bleue qui reconnaît avoir pris part à la manifestation mais nie toute dégradation. 

Denis, un intérimaire de 37 ans, était venu spécialement ce week-end là de Montceau-les-Mines. Il était incarcéré depuis. «Pourquoi avoir porté des lunettes, une capuche et avoir été vêtu de noir ?», lui a demandé la présidente. «J'étais pas un des leaders, j'ai vu la possibilité d'un début de dialogue avec les dirigeants», a rétorqué cet «amoureux» de l'OM.

«La photo de classe d'imbéciles»

Il est difficile de définir les responsabilités de chacun. L'un des supporters a été vu par des policiers jeter des pierres mais a assuré n'avoir «rien lancé». Un autre, interpellé seulement dix minutes après le début des faits, assure s'être «barré» dès que la situation a dégénéré. Ce directeur-adjoint d'une épicerie et membre des Ultras marseillais a convaincu le tribunal, qui l'a relaxé.

Un seul, le plus jeune, Romain, 19 ans, habitant un quartier chic de Marseille, reconnaît les faits, notamment la dégradation d'un véhicule banalisé de police. «J'étais débordé par ma passion», explique le garçon, cheveux mi-longs, chemise blanche.

Les avocats de la défenses avaient réclamé des relaxes, faute de preuves matérielles contre leurs clients. «J'ai plus devant moi la photo de classe d'imbéciles que de voyous», avait argumenté Maître Ludovic Para, estimant qu'il manquait aujourd'hui «les gros poissons». Cinq autres supporters interpellés une dizaine de jours après les faits doivent d'ailleurs être jugés le 22 mars, dont le responsable des Ultras (CU84). 

Autour du club, la pression n'est pas retombée depuis ces incidents : les six groupes de supporters ont de nouveau demandé de concert le départ de Jacques-Henri Eyraud il y a quelques jours. La direction du club a quant à elle menacé de rompre la convention qui les lie à ces supporters.

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