La dernière Une du JDD sur Marine le Pen n'était pas du goût de son actionnaire, Arnaud Lagardère

Marine le Pen à un meeting politique le 2 octobre 2015© Pascal Rossignol Source: Reuters
Marine le Pen à un meeting politique le 2 octobre 2015

L'actionnaire du JDD n'a pas apprécié la dernière Une de l'hebdomadaire, consacrée à Marine le Pen. Il l'a fait savoir par un coup de téléphone cinglant au patron du groupe de presse, Denis Olivenne.

Le Journal du Dimanche, dont la première page de son dernier numéro était illustrée une large photo de la présidente du Front National, titrée «Un français sur trois prêts à voter pour elle», s'est fait taper sur les doigts par Arnaud Lagardère.

Considérant que le JDD faisait de la publicité à Marine le Pen, et ne prenait pas assez de recul, l'ami de Nicolas Sarkozy a appelé Denis Olivennes afin qu'il s'occupe de réprimander le directeur du journal, Jérôme Bellay. Selon le Point, Arnaud Lagardère aurait déclaré : «J'attends désormais de la direction du Journal du dimanche qu'elle présente à ses lecteurs une ligne éditoriale plus exigeante».

Lire aussi : Citizen Bolloré et les médias, une stratégie d'influence politique et économique

Les actionnaires et la liberté de la presse... Une longue histoire d'amour.

  • L'été dernier, Vincent Bolloré, actionnaire principal de Canal empêche la diffusion sur Canal + d'un documentaire sur l'évasion fiscale que le Crédit Mutuel, banque détenue par son ami Michel Lucas et accessoirement actionnaire du groupe Bolloré, organisait pour ses clients. Le film a finalement été diffusé par France 3.
  • En mai 2015, Nicolas de Tavernost avoue sur le plateau du Grand Journal avoir procédé à des coupes et des censures de certains numéros de Capital. Notamment celui de septembre 2012 portant sur la téléphonie et notamment Orange, dont dépend l'opérateur M6 Mobile, détenu par la chaîne.
  • Fin avril 2014, alors que Libération était au bord du dépôt de bilan, Patrick Drahi décide de prêter discrètement 4 millions d'euros au quotidien. Un article, qui devait relater ce fait dans les colonnes du quotidien, disparaît du journal sous pression des élus du comité d'entreprise. Finalement révélée par Médiapart, Libération finira par rendre publique l'identité de son sauveur.
  • En octobre 2006, Laurent Mauduit, éditorialiste au Monde, claque la porte du journal du soir après que l'un de ses articles sur les Caisses d'épargne, mettant en cause Charles Milhaud, président du directoire de la Caisse nationale des Caisses d'Epargne (CNCE), soit « censuré en catimini » par l'intéressé, actionnaire du groupe.

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