Trois associations et des migrants occupent une ancienne école à Paris

A Paris dans le XVIe arrondissement, trois associations ont revendiqué la «réquisition» d'un bâtiment présenté comme une ancienne école, vide, dans le but de mettre «à l'abri de la rue» entre 200 à 300 migrants.
Dans l'après-midi du 24 janvier, trois associations (Droit au logement, coordination des sans-papiers et Utopia 56) ont pénétré à l'intérieur d'une ancienne école maternelle du XVIe arrondissement de Paris pour réclamer la mise à l'abri de plusieurs dizaines de migrants. Dans un tweet, Utopia 56 a ainsi déclaré «réquisitionner» une «ancienne école [...] vouée à être détruite», afin de mettre à l'abri quelque «150 personnes exilées».
Vouée à être détruite et vide depuis 2 ans, une ancienne école de #Paris 16e accueille depuis cet après-midi 150 personnes exilées à l'abri de la rue. En soutien avec le collectif #Réquisition, nous demandons de réelles et décentes places d'hébergements auprès de @Prefet75_IDFpic.twitter.com/y5SBP5pNn4
— Utopia 56 (@Utopia_56) January 24, 2021
«L'objectif, ce n'est pas de rester là, c'est d'obtenir un abri pour ces personnes restées sur le carreau», explique à l'AFP Yann Manzi, fondateur d'Utopia56, précisant que l'école maternelle délabrée, dont le plafond est en partie éventré, fait partie des 489 lieux signalés comme libres à l'Etat pour une mise à l'abri, dans le cadre du «collectif réquisition» monté par les trois associations.
Environ 250 migrants se trouvaient dans cette ancienne école maternelle, selon notre reporter Charles Baudry.
🔴Réquisition par plusieurs #associations d'un ensemble immobilier vide (école maternelle) en cours dans le 16e arrondissement de #Paris pour mettre à l'abri ~250 #migrants. #réquisitionpic.twitter.com/JyRmYtdZsq
— Charles Baudry (@CharlesBaudry) January 24, 2021
Selon le journaliste indépendant Clément Lanot, les entrées des lieux ont été barricadées afin d'empêcher l'entrée des forces de l’ordre. Depuis 14h30, la police s'est positionnée devant l'école, selon l'AFP.
PARIS - Les entrées sont désormais barricadées pour empêcher une intervention des forces de l’ordre.
— Clément Lanot (@ClementLanot) January 24, 2021
L’école est occupée par 200 migrants et @Utopia_56. pic.twitter.com/lrBtQLgu1E
Le député insoumis Eric Coquerel, sur place, a affiché son soutien «aux associations et réfugiés qui ont réquisitionné une ancienne école maternelle vide depuis 2 ans, dans le 16ème à Paris». «Ils font ce que l’Etat devrait faire, notamment en période hivernale : l’application de la loi de réquisition», a ajouté l'élu.
✊Soutien aux associations et réfugiés qui ont réquisitionné une ancienne école maternelle vide depuis 2 ans, dans le 16ème à Paris.
— Eric Coquerel (@ericcoquerel) January 24, 2021
Ils font ce que l’Etat devrait faire, notamment en période hivernale : l’application de la loi de réquisition. pic.twitter.com/KocfRdsx86
«Heureusement associations et collectifs sont là. Pour dénoncer la situation, catastrophique, et l'abandon de l'Etat. Pour protéger ceux qui doivent l'être et pour répondre à l'urgence. Et pour préparer un avenir où le droit au logement sera enfin respecté», a tweeté la sénatrice Europe Ecologie les Verts Esther Benbassa, également présente sur place.
#Exilés et #migrants. Heureusement associations et collectifs sont là. Pour dénoncer la situation, catastrophique, et l'abandon de l'Etat. Pour protéger ceux qui doivent l'être et pour répondre à l'urgence. Et pour préparer un avenir où le droit au #logement sera enfin respecté. pic.twitter.com/yYEVgM7jws
— Esther Benbassa 🌻 (@EstherBenbassa) January 24, 2021
La mairie de Paris a proposé, dans l'après-midi du 24 janvier, que ces migrants dorment dans des gymnases mis à disposition car l'école n'est «pas chauffée, pas sécurisée». «Dès ce soir, nous allons mettre à disposition deux gymnases pour accueillir les personnes qui sont installées ici», a expliqué Ian Brossat, adjoint de la maire de Paris en charge des questions migratoires et d'hébergement d'urgence.
Fin novembre, plusieurs centaines de migrants avaient monté un campement dans le centre de Paris sur la place de la République pour demander leur mise à l'abri. Le démantèlement de leurs installations sans ménagement avait provoqué un tollé et l'ouverture de deux enquêtes concernant des policiers pour «violences».