Messe à l'église Sainte Rita : «Ce lieu sera sauvé si nous savons nous battre jusqu'au bout»

Une centaine de paroissiens et de membres d'associations étaient présents à la messe dimanche matin © Jonathan Moadab
Une centaine de paroissiens et de membres d'associations étaient présents à la messe dimanche matin

Monseigneur Samuel Pouhé, évêque de l'Eglise gallicane de Sainte Rita située dans le 15ème arrondissement de Paris promise à la destruction, y a célébré ce matin une messe avec une centaine de fidèles et membres d'associations.

Mardi dernier, l'autorisation de voirie de l'entreprise mandatée pour détruire l'église Sainte Rita a été abrogée suite à des irrégularités de procédure et d'une altercation avec des membres de l'équipe municipale du maire LR Philippe Goujon, mobilisé contre la disparition de l'un des symboles du 15ème arrondissement. Une victoire pour les partisans de la sauvegarde de l'église, qui ont décidé de célébrer une messe ce matin dans l'édifice occupé par des activistes du mouvement du 14 juillet, en l'honneur de Sainte Rita, patronne des causes désespérées et impossibles.

 Quelques chiens étaient présents pour assister à la messe dans l'église célébre pour ses bénédictions d'animaux© Jonathan Moadab
Quelques chiens étaient présents pour assister à la messe dans l'église célébre pour ses bénédictions d'animaux

Nicolas Saint Pierre, Président délégué des Arches de Sainte Rita, qui représente les paroissiens opposés à la démolition a déclaré : «Aujourd'hui est un grand jour, c'est une bonne nouvelle. Cette église sera sauvée si nous savons nous battre jusqu'au bout. Je dois vous dire que le retrait des autorisations de voirie de l'entreprise de démolition, cela donne à l'église un sursis de minimum six mois».

Pour Monseigneur Pouhé, heureux de pouvoir réinvestir temporairement son église et d'y voir de nombreux fidèles, a affirme être «dans la légalité sur le plan spirituel» et remercie «Dieu de permettre de le célébrer à nouveau au sein de cette église».

Un succès qui n'est pas étranger à la mobilisation de membres du mouvement du 14 juillet, qui occupent l'église depuis lundi soir. Pascal Chatigneux est l'un d'eux : «Nous dormons ici, et nous y sommes en sécurité car je pense que Sainte Rita veille sur nous, mais aussi grâce aux riverains qui soutiennent cette cause et nous apportent régulièrement à manger pour nous permettre d'empêcher la destruction de ce lieu». Le collectif a récemment publié un communiqué pour annoncer son intention d'organiser un référendum local pour faire voter les habitants du quartier sur cette question : «Même si notre mouvement n'est pas religieux, nous sommes sensibles au fait que l'on veuille détruire un bâtiment de culte. On n'a pas le droit de toucher à un bâtiment comme ça, sans même demander l'avis des citoyens».

Première messe à l'intérieur de l'église Sainte Rita depuis avril. Un joli moment. Une première victoire contre les démolisseurs. Mais la mobilisation continue car la partie n'est hélas pas gagnée.

Posted by Urgences Patrimoine on Sunday, October 11, 2015

Le sort de l'église Sainte Rita n'est toute fois pas scellé. Cet édifice, propriété privée, a été vendue il y a plusieurs années à un promoteur rennais qui souhaite raser l'édifice pour laisser place à des logements et des parkings. La mairie de Paris, mise en cause par les contestataires du projet, s'est justifiée dans un communiqué de presse le 6 octobre dernier : «Le bâtiment n’est ni classé monument historique, ni inscrit à un inventaire, il ne fait l’objet d’aucun plan de sauvegarde particulier. Pour ces motifs, la Ville de Paris n’est en aucun cas compétente à intervenir dans le conflit juridique dont cet édifice fait l’objet. Elle n’a pas non plus les moyens de s’opposer à sa démolition, dont la décision revient au seul propriétaire de l’édifice». La bataille judiciaire et la mobilisation citoyenne sont donc amenées à se poursuivre.

Lire aussi : Promise à la démolition, l'église Sainte Rita bénéficie d'un sursis

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