«Elles ne sont pas quelque chose de négatif» : Ruffin favorable à un retour des frontières

«Elles ne sont pas quelque chose de négatif» : Ruffin favorable à un retour des frontières© THOMAS SAMSON Source: AFP
François Ruffin, député LFI de la Somme, s'est dit «favorable à un retour des frontières».

Le député de La France Insoumise, François Ruffin a plaidé sur France Inter pour un retour des frontières sur les capitaux, marchandises et personnes. Des déclarations, qui ont provoqué un véritable tollé, à gauche et à La République en marche.

«Je suis favorable au retour des frontières sur capitaux, marchandises et personnes» : les propos de François Ruffin, député la France insoumise de la Somme, en ont surpris plus d'un. Au micro de France Inter, le 2 décembre, l'élu de 45 ans n'a pas hésité à prendre position, face à la journaliste Léa Salamé, sur un sujet pour le moins polémique à gauche : la place des frontières dans notre société. 

Il faut poser des limites à la circulation tous azimuts des personnes

En réaction aux déclarations souverainistes de l'homme politique Arnaud Montebourg, le 22 novembre, qui avait annoncé vouloir «faire passer la France avant l'Europe», François Ruffin a soutenu que les frontières permettaient «de se construire». «Les frontières ne sont pas quelque chose de négatif», a-t-il ajouté. 

Favorable à une révision du règlement de Dublin, qui régit le droit d'asile dans l'Union Européenne, le fondateur du journal Fakir est allé plus loin, souhaitant aussi «un retour des frontières pour les gens du Nord, qui vont voyager partout dans le monde». «Il faut poser des limites à la circulation tous azimuts des personnes, oui», a-t-il ainsi réaffirmé sans ambiguïté face à la journaliste de France Inter.

«C'est le programme de Marine Le Pen»

Des propos qui ont provoqué une véritable levée de boucliers, aussi bien dans une certaine partie de la gauche... qu'au sein de La République en Marche (LREM).

«Cher François Ruffin, de quel droit t'opposes-tu à la liberté de circulation des personnes ?», a rétorqué dans un tweet Olivier Besancenot, l'ancien porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Olivier Besancenot se réfère à un article de l'Anticapitaliste, le média du NPA, pour qui les déclarations de François Ruffin seraient «l'expression d'une forme de souverainisme de gauche».  

Aussi incongru que cela puisse paraître au premier abord, le porte-parole du NPA a donc trouvé des alliés de circonstance parmi les cadres de LREM. Le député de Paris, Benjamin Griveaux, n'a par exemple pas hésité à pointer du doigt la menace d'«un nouveau rideau de fer», condamnant ce qu'il estime être un «projet liberticide». 

 «François Ruffin nous propose de retourner 50 ans en arrière [...] Tout un programme...», a de son côté ironisé le député LREM Bruno Questel.

L'ancienne ministre chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, est allée jusqu'à comparer les propos de l'élu LFI au «programme de Marine Le Pen». 

La critique sous-jacente de l'Union européenne a par ailleurs été déplorée par le député européen écologiste Pascal Durand : «François Ruffin défend le Frexit et la fin des 4 libertés en Europe.» 

Ruffin persiste et s'oppose à une «mondialisation ouverte à tous les vents»

Face à ce tollé, le réalisateur du documentaire «Merci Patron!» est resté droit dans ses bottes, justifiant sa position dans un communiqué, diffusé le 2 décembre. 

«Jamais je n’ai souhaité, et aujourd’hui moins encore, une mondialisation ouverte à tous les vents. Je crois à des espaces, délimités, où l’on se fixe des règles communes», a-t-il expliqué. En ce qui concerne la libre circulation des marchandises, François Ruffin a poursuivi : «Nous devons pouvoir [...] décider ensemble, reprendre en main notre destin commun, n’être pas soumis à tous les accords de libre-échange qui, depuis trente ans, détruisent notre industrie, et désormais notre agriculture.»   

Enfin, au sujet de la libre circulation des personnes, l'élu LFI a ajouté : «Et je dis, les riches du Nord d’abord : 1% de la population mondiale émet 50% du carbone des avions. Il faut poser des limites à cette hyper-mobilité, qu’elle soit de tourisme ou d’affaires : l’argent ne doit pas autoriser à détruire la planète. Je suis favorable, en la matière, à un plafond d’émissions : non pas, loin de là, interdire l’aviation, mais l’encadrer, la limiter. Que, pour une élite, un aller-retour Paris-New York ne soit pas un acte anodin, comme on prend le métro.»

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