«Blanquer Gate» : nouveaux témoignages de syndicalistes lycéens, une commission d'enquête réclamée

«Blanquer Gate» : nouveaux témoignages de syndicalistes lycéens, une commission d'enquête réclamée© ABDULMONAM EASSA Source: AFP
Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports, le 17 octobre 2020 (image d'illustration).
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Les syndicats lycéens ont dénoncé une «propagande d'Etat» après de nouvelles accusations visant Avenir lycéen, un syndicat ayant reçu 65 000 euros d'argent public et accusé d'être pro-gouvernement. Des députés réclament une commission d'enquête.

Sur les réseaux sociaux, l'affaire est abondamment commentée sous le hashtag #BlanquerGate. En cause : des révélations par voie de presse – reprises ce 21 novembre par des organisations syndicales lycéennes ainsi qu'une partie de l'opposition – selon lesquelles le ministère de l'Education, Jean-Michel Blanquer, aurait financé et orienté le travail d'«Avenir lycéen», un syndicat jugé pro-gouvernement. 

Un syndicat au service de la communication du ministre ?

Dans une longue enquête publiée le jour-même, Libération assure ainsi que cette structure, créée en 2018, a germé Rue de Grenelle dans l’entourage proche de Jean-Michel Blanquer, «pour servir la communication du ministre, et surtout rompre tout dialogue avec les syndicats lycéens» opposés à ses réformes, notamment celle du bac.

Avec 27 collègues députés, je demande la création d’une commission d’enquête pour faire toute la lumière sur cette affaire

Fondé sur de nombreux témoignages, l'article affirme que le numéro deux du ministère à l'époque, Jean-Marc Huart, était lié aux responsables d'Avenir lycéen et que des rectorats participaient à l'écriture de communiqués du syndicat, systématiquement favorables aux réformes du ministère. Des élus LFI et communistes ont réclamé le 20 novembre une commission d'enquête parlementaire sur cette affaire. «En 2019 Blanquer refusait ma proposition d’un rapport d’information sur le financement des syndicats lycéens ! [...] Avec 27 collègues députés, je demande la création d’une commission d’enquête pour faire toute la lumière sur cette affaire», a par exemple tweeté ce 21 novembre la députée insoumise de Seine-Saint-Denis, Sabine Rubin.

Début novembre, Mediapartavait  révélé qu'Avenir lycéen avait reçu 65 000 euros de subventions publiques en 2019, qui auraient été dépensées en frais de bouche et autres dépenses dans des hôtels. L'article de Libération a provoqué un nouveau tollé des syndicats lycéens, dont certains accusent directement Jean-Michel Blanquer.

Le ministère de l'Education nationale se défend de tout favoritisme

Dans un communiqué publié sur Twitter, la Fidl a par exemple dénoncé un «dévoiement total de la cause syndicale et une insulte faite aux jeunes dont le ministère aurait organisé l’étouffement de la parole face à des réformes du bac et du lycée catastrophiques».

Le syndicat MNL a quant à lui dénoncé «une entreprise politique n’ayant pas hésité à manipuler certains de nos jeunes camarades lycéens [...] afin de servir les intérêts du ministre».

Quant à l'UNL, qui avait annoncé une plainte après les révélations de Mediapart, son président Mathieu Devlaminck a assuré qu'Avenir Lycéen était un «instrument de Blanquer» pour «faire taire» son syndicat.

Après les révélations de Mediapart, le ministère avait diligenté une enquête administrative sur les subventions accordées à Avenir lycéen et s'était défendu, auprès de l'AFP, de tout favoritisme en assurant que ce syndicat faisait partie des organisations représentatives. Contacté ce 21 novembre, le ministère n'a pas réagi dans l'immédiat, a fait savoir l'agence de presse.

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