L'évasion d'un détenu de Besançon relance la question des permissions de sortie

Le fronton du Palais de justice de Besançon (capture site de la ville)
Le fronton du Palais de justice de Besançon (capture site de la ville)

Dans le cadre d'une sortie encadrée, l'homme a échappé à ses surveillants. Un dispositif de recherche a été mis en place. Cette évasion intervient alors qu'un policier a été blessé, il y a peu, par un détenu échappé lors d'une permission de sortie.

Cette évasion est intervenue lors d'une sortie encadrée à vélo ce 7 octobre, aux alentours de Besançon, dans le département du Doubs. Le détenu, âgé de 52 ans, purgeait une peine d’un an de prison prononcée en juillet dernier par le tribunal de Besançon pour trafic de cannabis.

Cette évasion ne va pas éteindre la polémique qui enfle dans la police sur les conditions de ces permissions de sortie de certains détenus. Ce 5 octobre en effet, un policier a subi un tir d'arme à feu en pleine tête à l'Ile-Saint-Denis, par un braqueur en permission. Le policier est depuis toujours entre la vie et la mort. Le tireur était un détenu en fuite qui n’avait jamais réintégré la prison du Réau, en Seine-et-Marne, après une permission de sortie accordée le 27 mai dernier.

En savoir plus : En permission, un détenu radicalisé n'est pas retourné en prison

Un fait divers, une loi ?

C'est le profil de ce braqueur qui a irrité les syndicats de police qui se sont ouvertement étonnés que ce détenu ait pu bénéficier d'une permission de sortie. Il était incarcéré depuis 2011 et avait été condamné huit fois entre 2007 et 2013 par le tribunal pour enfants et par le tribunal correctionnel. Pire encore, une fiche S («sûreté de l’Etat») avait été établie en raison de sa radicalisation en prison.

Selon l'adage désormais vérifié, «un fait divers, une loi», Christiane Taubira a annoncé ce 6 octobre qu’elle envisageait «la possibilité d’améliorer» les textes de loi sur les permissions de sortie des détenus «notamment en imposant une escorte à certains détenus».


Pourtant le syndicat des cadres de la sécurité intérieure majoritaire chez les officiers de police, le SCSI-CFDT semble peu satisfait des mesures annoncées par la garde des Sceaux. L'organisation explique dans un communiqué, avoir plusieurs fois alerté sur la capacité de l'administration pénitentiaire à «honorer les missions de transferts et d'extractions de détenus». Le SCSI-CFDT ajoute «Dans le contexte de menace permanente et globale, il convient de réfléchir à d’autres dispositifs permettant d’éviter au maximum la sortie  de prison de détenus et de la proscrire, pour les plus dangereux, dans le cadre d’une coordination avec le ministère de l’Intérieur».

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