Savoir «renoncer par moment à certains droits» : le CFCM veut «encadrer» la liberté de caricature

Savoir «renoncer par moment à certains droits» : le CFCM veut «encadrer» la liberté de caricature© REUTERS/Gonzalo Fuentes
Mohammed Moussaoui, président du CFCM, répond aux médias après une réunion à Matignon en 2010 (image d'illustration).

Alors que la question prend un tournant international, le président du Conseil français du culte musulman, reçu la veille par Emmanuel Macron, appelle à encadrer davantage l'exercice du droit à la caricature pour favoriser la «fraternité».

«La liberté de caricaturer comme les autres libertés n’est pas absolue. Elle doit être encadrée et proportionnée aux impératifs de l’ordre public et le devoir de fraternité», a tweeté ce 27 octobre Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman (CFCM). Invité la veille à une rencontre avec le chef de l'Etat, il s'exprimait au sujet du droit au blasphème, thématique relancée à l'international par la décapitation, dans les Yvelines, d'un enseignant ayant diffusé une caricature de Mahomet, représenté nu, lors d'un cours sur la liberté d'expression.

Alors que certains pays musulmans se livrent à un bras de fer avec la France, reprochant à Emmanuel Macron de défendre les caricatures du prophète de l'islam, Mohammed Moussaoui a dénoncé «solennellement» les appels au boycott des produits français, dans une interview sur RMC. Il a estimé que les propos du président de la République, qui avait défendu le droit à la caricature, avaient été «déformés» et «instrumentalisés».

Abordant ensuite la thématique des caricatures en France, il a ajouté qu'il fallait pouvoir, par moment, «renoncer à certains droits», et notamment celui de caricaturer le prophète Mahomet dans des «postures dégradantes».

Tout en précisant ne pas appeler à l'interdiction de cette pratique, Mohammed Moussaoui a jugé qu'il serait parfois opportun de renoncer «de façon proportionnée» à ce droit «pour que la fraternité puisse s'exprimer dans notre pays», mais également pour «préserver l'ordre public».

Et de prendre un exemple : «Aujourd'hui, le Covid nous impose tous des mesures pour se protéger mutuellement. Je pense que par moment, il faudrait savoir aussi pouvoir prendre ce sens des responsabilités.»

«Rien, absolument rien ne saurait justifier l'assassinat d'un homme parce qu'il caricature», a enfin souligné le président du CFCM, déplorant que des «extrémistes» présentent ces dessins comme une offense aux musulmans. Mohammed Moussaoui a appelé les musulmans de France à «ignorer» ces caricatures, les enjoignant notamment à prendre exemple sur le prophète Mahomet.

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