Daniel Schneidermann qualifie Christine Kelly de «servante» de Zemmour et fait polémique

Daniel Schneidermann qualifie Christine Kelly de «servante» de Zemmour et fait polémique© JOEL SAGET Source: AFP
Daniel Schneidermann est le fondateur d'Arrêt sur images.

Daniel Schneidermann a ramené deux journalistes de Cnews, Christine Kelly et Eric Zemmour, à leurs origines. La première serait «une femme de couleur», «servante» du «juif séfarade» Eric Zemmour. La chronique a rapidement été dénoncée sur internet.

Les circonvolutions autour des origines éthniques ont décidément le vent en poupe. Le rédacteur en chef d'Arrêt sur images (ASI), Daniel Schneidermann, a publié le 10 septembre une chronique sur son site internet Arrêt sur images qui n'a pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux. Dans celui-ci, intitulé «Zemmour et sa servante», le journaliste qualifie d'abord Eric Zemmour de «mâle blanc». Il analyse ensuite l'émission de Cnews au cours de laquelle intervient l'éditorialiste au côté de Christine Kelly, dans un débat concernant la décision controversée des Oscars de ne primer que les films qui respectent la diversité. Daniel Schneidermann considère qu'Eric Zemmour parle alors en tant que «juif séfarade» qui refuserait «de voir ses semblables à l'écran, pour se sentir représenté». Ce qui ne manque pas d'agacer le fondateur d'ASI : «Quelqu'un va-t-il [à Eric Zemmour] lui faire valoir que les juifs français, en France, au début du XXIe siècle, ne sont pas précisément ce qu'on pourrait appeler une catégorie dominée, souffrant de sa sous-représentation à l'écran ?»

Il s'offusque alors de voir que, parmi ceux qui ne contredisent pas Eric Zemmour, se trouve «une femme de couleur», Christine Kelly, qui, de fait, n'«est pas un mâle blanc». Pour lui, la journaliste a même lancé «le Maître» Eric Zemmour sur le sujet, «en glissant que pour sa part, elle trouvait la décision des Oscars "tardive"». Daniel Schneidermann dénonce l'attitude de Christine Kelly, «humble, muette, à assister à sa propre humiliation, à la mise en évidence de sa fonction d'alibi, démonstration vivante qu'avec un peu de perversité et beaucoup de cynisme, on peut bien s'amuser avec les règles sur les quotas».

Un article «misogyne» et «raciste» ?

Après publication, cette chronique a largement été critiquée par certains confrères de Daniel Schneidermann ainsi que par des hommes politiques. L'ancien journaliste et membre du CSA Françoise Laborde dénonce ainsi «le mépris, le racisme, la misogynie crasse» du journaliste d'ASI, y voyant «la bien-pensance dans toute son arrogance», et apporte son soutien à Christine Kelly.

Le journaliste Thomas Vampouille note «que si une femme noire ne joue pas comme il faut le rôle que Daniel Schneidermann lui assigne, il est permis chez Arrêt sur images de la qualifier de servante».

L'avocat et chroniqueur de RMC Gilles-William Goldnadel s'est également emporté contre Daniel Schneidermann, qui «ne s’excusera pas d’avoir insulté racialement Christine Kelly», Gilles-William Goldnadel présumant qu'Emmanuel «Macron n’appellera pas celle-ci» pour la soutenir.

La députée Les Républicains des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer a elle aussi soutenu Christine Kelly «insultée de "servante" par les partisans de la pensée unique qui voudraient la fin d'une émission à succès». «Le débat fait vivre la France, les insultes l'affaiblissent», a-t-elle ajouté.

Assumant l'article, Daniel Schneidermann confesse toutefois qu'il aurait pu changer le mot servante par «passe-plat de Zemmour» : «Si on préfère passe-plat à servante, Ok pour passe-plat, ça me va aussi.»

Dans cette réponse à l'ancienne directrice du Bondy Blog, Nassira El Moaddem, qui se disait choquée de l'utilisation du mot «servante» pour désigner «une femme noire», le journaliste ajoute : «Servir, servante, serveuse... J'entends ta nuance, Nassira. Cela dit, le déferlement d'amabilités que me vaut le titre du matinaute d'aujourd'hui est le signe de la réussite totale, et accablante, de la stratégie de CNews.»

Le fondateur d'ASI a également retweeté un journaliste de Le Média qui a pris sa défense. «Dénoncer le rôle systémique dans lequel est effectivement mise et se complaît manifestement Christine Kelly n’est pas du racisme. Désolé.», a écrit celui-ci.

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