France

Interdire la vente de «mortiers» aux particuliers ? «Pourquoi pas», répond Gérald Darmanin

Le ministre de l'Intérieur s'est dit «assez séduit» par la proposition d'un député de la majorité d'interdire totalement la vente aux particuliers de feux d'artifice mortiers, régulièrement utilisés comme arme pour attaquer les forces de l'ordre.

Alors qu'il se livrait le 28 juillet à une audition devant les membres de la commission des lois de l'Assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'est vu proposer par le député (LREM) du Rhône Thomas Rudigoz d'interdire les mortiers, ces puissants feux d'artifices, à la vente pour les particuliers. 

«Les policiers, les gendarmes et même nos pompiers sont pris à partie parfois dans un engrenage compétitif mortifère entre certains quartiers, c'est à celui qui causera le plus de bruit et de dommages par ces mortiers artisanaux», a commencé par détailler l'élu. 

Malheureusement, aujourd’hui il faut le reconnaître l'usage de ces engins est détourné avec malveillance

«Malheureusement, aujourd’hui il faut le reconnaître, l'usage de ces engins est détourné avec malveillance», a ajouté celui qui fut de 2014 à 2017 maire du Ve arrondissement de Lyon, avant de proposer, d'après des échanges entre des «maires et des policiers de l'agglomération lyonnaise», d'«interdire complètement la vente de mortiers et de feux d'artifice les plus puissants aux particuliers et ce tout au long de l'année». 

L'élu a pris pour exemple les troubles à l'ordre publics survenus dans la Métropole de Lyon les 13 et 14 juillet dernier, précisant que ce genre de violences avait eu lieu dans «beaucoup d'autre coins du territoire national». 

«Moi je suis assez séduit par votre idée d'interdiction», a répondu plus tard le ministre. «Les mortiers, les feux d'artifices [...] ça pullule évidemment, ça attaque les forces de l'ordre, ça fout le bordel dans les quartiers ça empêche les gens de dormir, parfois ça blesse des personnes», a-t-il par ailleurs détaillé. 

Faut-il interdire complétement ? Pourquoi pas...

«Faut-il interdire complètement ? Pourquoi pas...», a-t-il en outre dit avant de nuancer ses propos. 

«Je ne voudrais pas interdire complètement les feux d’artifice chez les artificiers, on va dire les honnêtes gens qui ont une échoppe et qui après tout peuvent faire vivre les farces et attrapes [...] souvent on fait des commandes par Internet», a précisé Gérald Darmanin. 

«Si on interdit quelque chose, on le fait collectivement et on le fait également sur la vente en ligne, ce qui n'est pas si évident à faire», a-t-il précisé. 

«On va rarement chez son artificier pour demander des mortiers pour attaquer la police», a-t-il par ailleurs estimé. 

Des mortiers d'artifices ont été largement utilisés lors d'épisodes de violences urbaines contre des policiers récemment, entre autres au cours des soirées des 13 et 14 juillet dans plusieurs villes de France, dont Paris

Des policiers ont par ailleurs été pris pour cible avec des mortiers en mai, notamment à Montigny-lès-Cormeilles ou à Argenteuil.  En avril, de type de violence est survenu dans plusieurs quartiers suite à la grave blessure subie par un motard lors d'une collision avec une voiture de police banalisée à Villeneuve-la-Garenne.